Boissons énergisantes : stop à l'escalade !

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Le 30 novembre dernier, Red Bull lançait la version concentrée de sa boisson phare sous la forme d’une mini canette de 6 cl. En décembre, Coca-Cola et Pepsi lui emboîtaient le pas avec les nouveaux formats « shot » et « shooter » de leurs boissons Burn Energy et Dark Dog. En général, ces petites fioles contiennent les mêmes quantités de caféine que les habituelles canettes de 25 cl et sont de ce fait 5 fois plus concentrées.

« Boissons énergisantes : stop à l'escalade ! » - Crédit photo : © ARPG Pour la CLCV, la multiplication des boissons énergisantes et l’augmentation de leur concentration en caféine ne sont pas anodines. Aux USA, une étude scientifique publiée en 2008 identifie bien les risques associés à cette tendance [1]. Les auteurs signalent une augmentation des cas rapportés d’intoxication à la caféine liés aux boissons énergisantes. Ils font aussi état d’une croissance rapide des usages combinés d’alcool et de caféine avec les effets délétères associés.

Mais loin d’attirer l’attention sur les risques constatés en cas d’excès, la communication des fabricants de boissons énergisantes banalise leur consommation. Sur le site web de Red Bull, on apprend par exemple que « Red bull energy shot se glisse partout. Il est parfait pour votre sac de sport, le tiroir de votre bureau, votre boîte à gants, votre poche. Et comme il se consomme à température ambiante vous pourrez le boire à n’importe quel moment. ».

En ce qui concerne les mélanges avec l’alcool, Pepsico, distributeur du Dark Dog, se garde bien de les déconseiller et invite à « diluer un volume de shooter dans trois volumes du liquide de votre choix », sans restriction sur le choix dudit liquide... Chez Coca Cola, on organise des soirées étudiantes parrainées par Burn energy ce qui incite évidemment les jeunes à associer boissons énergisantes et alcool. Pourtant, selon l’Afssa, les boissons énergisantes diminueraient la perception, mais pas la réalité, de l'intoxication alcoolique et l’Agence déconseille donc ce type de mélange. Malheureusement, ces préoccupations de santé publique ne semblent pas entrer en ligne de compte dans la stratégie de communication des fabricants.

Afin de rétablir une information claire des consommateurs, et en particulier des jeunes, la CLCV interpelle conjointement le Ministère de la santé, le Syndicat national des boissons rafraîchissantes, Red Bull, Coca Cola et Pepsico. Nous considérons que des mentions d’étiquetage spécifiques à ces produits devraient être définies. Nous demandons également qu’une réflexion soit engagée sur l’instauration, par voie réglementaire, de teneurs maximales en caféine pour les boissons énergisantes mais aussi pour les autres aliments enrichis en caféine (compléments alimentaires, chewing-gum, etc...). En effet, si les concentrations et les doses de caféine n’atteignent pas encore les sommets observés aux USA, il nous paraît important d’agir dès maintenant pour prévenir toute forme d’escalade dans ce domaine.

Pour donner votre avis, consulter "Caféine : stop à l’escalade !".

[1] Reissig, C.J., et al., Caffeinated energy drinks—A growing problem. Drug Alcohol Depend (2008), doi:10.1016/j.drugalcdep.2008.08.001.

Source : Le Point sur la table (www.lepointsurlatable.fr)

SOURCE : Le Point sur la table

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