Bisphénol A : l'AFSSA rend deux avis

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Suite à l'annonce du gouvernement canadien de son intention d'interdire les biberons en polycarbonate, l'Afssa a été saisie afin d'évaluer les expositions et les risques sanitaires liés à la migration de bisphénol A depuis des biberons en polycarbonate chauffés au micro-ondes ainsi qu'à la présence de ce composé dans l'eau destinée à la consommation humaine.

« Mélamine et produits alimentaires » - Crédit photo : www.naturavox.fr Le bisphénol A est un produit chimique utilisé depuis de nombreuses années pour la fabrication par polymérisation de plastiques de type polycarbonate et de revêtements à base de résine époxy- digue. Comme dans d’autres pays (États- Unis, Japon), il est autorisé dans l’Union européenne pour son utilisation dans les matériaux en contact avec les aliments. Les polycarbonates, des plastiques rigides et transparents, sont utilisés dans de nombreux récipients alimentaires, tels que les bonbonnes d’eau réutilisables, les biberons, la vaisselle (assiettes et tasses) et les récipients de conservation. Les résines époxydiques sont utilisées dans les réseaux d’adduction d’eau potable (revêtements de cuves et de canalisations) et comme revêtement intérieur des cannettes et des boîtes de conserves.

Évaluation des risques

En 2006, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) a rendu un avis sur la toxicité et l’exposition au bisphénol A des consommateurs, y compris des nourrissons, liée à la migration du bisphénol A dans les aliments en contact avec des boîtes de conserve, de la vaisselle ou des boîtes de conservation contenant du polycarbonate. Les conclusions de ce travail indiquent que, pour l’ensemble des groupes de population étudiés, les estimations d’exposition sont largement inférieures à la dose maximale acceptable sur le plan toxicologique. Cependant, la migration potentielle de bisphénol A dans l’aliment au cours du chauffage au micro-ondes n’avait pas été prise en compte dans ce travail.

Impact du chauffage au micro-ondes

L’analyse bibliographique réalisée par l’Agence française indique que les quantités de bisphénol A transférable à l’aliment, via le chauffage au micro-ondes, sont minimes et restent très inférieures à la valeur maximale retenue par l’AESA pour l’évaluation du risque qu’elle a réalisée en 2006. En conséquence, les conclusions de ce travail s’appliquent également au cas du chauffage au micro-ondes et il n’apparaît ainsi pas nécessaire de prévoir des précautions particulières d’emploi pour les matériaux en polycarbonate, susceptibles d’être chauffés au micro-ondes dans des conditions normales d’utilisation.

Apports liés à l’eau

L’Agence a examiné l’origine et les sources potentielles de contamination de l’eau, destinée à la consommation humaine, par du bisphénol A. Ce travail lui a permis d’estimer l’exposition attribuable à la consommation d’eau. Il ressort de ce travail que les apports journaliers en bisphénol A qui prennent en compte les apports alimentaires et ceux liés à sa migration depuis les matériaux en contact avec l’eau n’entraînent pas de risque pour les consommateurs dans les conditions habituelles d’emploi.

Il n’apparaît ainsi pas nécessaire de proposer une valeur limite dans l’eau destinée à la consommation humaine pour le bisphénol A au regard des connaissances toxicologiques actuelles. En parallèle de cette évaluation, l’Agence a émis des recommandations. Elle a ainsi indiqué qu’il serait souhaitable, lorsque le bisphénol A est présent dans une formulation, de rechercher ce paramètre spécifiquement dans les eaux de migration lors de la procédure de vérification de la conformité sanitaire des MCDE (1) avec une limite de quantification cible de 1 pg/L.

(1) Matériaux et objets utilisés dans les installations fixes de production, de traitement et de distribution d’eau destinée à la consommation humaine.

SOURCE : AFSSA, 2008

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