Bien manger quand on a trop de cholestérol

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L'alimentation n'est pas seule en cause, mais si vous avez trop de cholestérol, il peut être utile d'agir si votre médecin le recommande. Nutrinews Hebdo a recueilli les conseils d'Edith Marchesi-Samedi et de Sarah Bresson, diététiciennes dans le service de cardiologie du Pr P.L. Michel (hôpital Tenon, Paris).

Quels sont les principes d’un régime destiné à faire baisser le « mauvais » cholestérol ?

Bien manger quand on a trop de cholestérol - Crédit photo : www.francetop.net

Edith Marchesi-Samedi Les régimes hypocholestérolémiants demandent à être adaptés aux habitudes de vie. En fonction de la situation clinique appréciée par le médecin, ils peuvent être prescrits seuls ou en accompagnement de médicaments. Ils sont en tout cas fortement déconseillés chez les plus de 80 ans.

Le régime lui-même a pour objectif de limiter les apports alimentaires de cholestérol à 300 mg/jour, de rééquilibrer les apports d’acides gras (avec moins de saturés et un bon rapport oméga 6/oméga 3) et d’augmenter les apports de fibres et d’antioxydants. Le tout réparti de manière équilibrée en trois repas principaux. On y associe avec profit une activité physique régulière : chaque jour 30 minutes de marche, de vélo ou de jardinage, etc…

Y-a-t-il des interdits à respecter ?

Sarah Bresson Rien n’est formellement interdit. Il faut seulement respecter certaines quantités et fréquences de consommation. Par exemple, 30 g de fromage par jour, 2 à 3 oeufs par semaine, 3 portions de 100 g de viande de boeuf, agneau ou porc par semaine (en privilégiant les morceaux maigres), pas plus d’une portion de charcuterie de 50 g par quinzaine, pas plus d’une portion d’abats (cervelle, foie ou rognons) par mois…

Quelles matières grasses autorisez-vous ?

Edith Marchesi-Samedi En règle générale, on peut manger du beurre, 10 g par jour maximum (ou une cuillère à soupe de crème fraîche). Nous recommandons l’utilisation des huiles végétales, en particulier les huiles d’olive et de colza pour la qualité de leurs acides gras et leur complémentarité (à condition de ne pas dépasser 4 cuillères à soupe par jour). On n’oubliera pas qu’une portion de frites de 200 g équivaut à 3 cuillères à soupe d’huile de moindre qualité. Ou qu’une cuillère à soupe de mayonnaise équivaut à une cuillère à soupe d’huile. Les modes de cuisson demandant peu de matières grasses (vapeur, grillade, papillote, braisé…) sont recommandés.

Quels sont les aliments à privilégier ?

Sarah Bresson Tous les poissons, en particulier les poissons gras (hareng, maquereau, saumon, sardine...), sont à consommer au moins deux fois par semaine. Nous conseillons également 3 portions de légumes et 2 portions de fruits par jour en moyenne, selon les recommandations du programme national nutrition santé (PNNS).

De plus, du fait de leur richesse en fibres, on privilégie la consommation de céréales complètes, si elles sont bien tolérées sur le plan digestif… Enfin, nous conseillons l’utilisation de certaines matières grasses riches en oméga 3.

Reste le plaisir... Des écarts sont-ils permis ?

Edith Marchesi-Samedi Oui, et c’est très important, car c’est la condition sine qua non pour que le régime soit suivi au long cours. Une à deux fois par semaine au maximum, il est possible de remplacer le fruit et le fromage du repas par une pâtisserie ou une crème dessert ou deux boules de glace… Ou de remplacer la viande et le pain par une petite pizza de 200 g ou un croque-monsieur. Ces équivalences permettent de mener une vie sociale satisfaisante. Ainsi, le patient pourra ainsi adopter un nouveau mode alimentaire, gage de réussite au long cours.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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