Bien manger malgré la crise

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Après le logement, l’alimentation est le 2e poste de dépense des ménages. C’est aussi celui sur lequel il est relativement possible d’économiser en temps de crise, par des arbitrages rationnels. Une étude qualitative [1] réalisée en 2010 dessine quelques-unes des tendances qui se font jour dans les familles françaises.

Baisse des revenus avec maintien des charges fixes, dont les crédits, hausse constante des prix… : voici comment les familles touchées par les crises économiques successives depuis les années 2000 perçoivent leur réalité économique. Elles font face en s’adaptant. Parmi les postes soumis à restrictions, les vêtements, les sorties, les vacances… Et l’alimentation. Avec des changements de comportement, parfois défavorables, parfois aussi qui témoignent d’un certain bon sens.

On augmente par exemple le temps consacré aux courses. On fait la liste de produits indispensables, on fixe un montant à ne pas dépasser. On arbitre entre les enseignes des magasins. On fait la chasse aux promos, on utilise les tickets de réduction. On prend en compte le prix au kilo, on étudie de près les conditionnements, les changements de format des emballages…

On fait aussi des arbitrages entre les familles de produits. Ou à l’intérieur de chaque famille de produits. La viande à chaque repas n’est plus un incontournable. On observe un transfert des achats de viande rouge, jugée chère, vers toutes les variétés de viande blanche, perçue comme plus économique, plus « saine », plus facile à préparer. Vers les produits dérivés aussi, comme les saucisses, les nuggets, les raviolis… Avec parfois des achats en quantité, à prix intéressant, destinés à être congelés. Pour les produits de la mer, la sardine et le maquereau remplacent la sole ou le thon. Le frais laisse aussi plutôt la place aux conserves et aux surgelés. Moins de frais aussi pour les fruits et légumes, au profit des féculents, des conserves et des surgelés. Et pratiquement plus de produits « hors saison ».

Pour le pain, c’est un retour vers la baguette, en diminuant les quantités. Gâteaux et biscuits sont en recul. Tout comme les boissons : eaux minérales, sodas… Seules quelques marques emblématiques résistent. On boit aussi moins de vin, et là aussi on descend de gamme pour les achats.

Les familles étudiées réinvestissent aussi le « cuisiner maison ». C’est le retour aux plats familiaux et nourrissants, du type viande + féculents. On se lance aussi à nouveau dans les soupes maison. Les entrées disparaissent, et c’est souvent fromage OU dessert.

Les sorties au restaurant sont aussi moins fréquentes, mais maintenues comme un rituel familial. Avec une tendance toutefois à descendre de gamme dans le choix des établissements : en fonction des habitudes et du standing, on passe du restaurant gastronomique au bistrot de quartier, du bistrot à la pizzeria, de la pizzeria au self-service, et du self au fast-food…

Les tendances décrites dans cette étude, sur un « échantillon » limité mais représentatif des familles, restent bien sûr à vérifier par des statistiques nationales. Une enquête menée en 2010 enregistre une petite reprise, encore fragile, de la consommation [2].

[1] Dix familles types de toutes catégories socioprofessionnelles étudiées pendant deux semaines par le Cabinet CCCM.

[2] Suivi de consommation au domicile de 20.000 ménages français par la société Kantar.

(Source : FranceAgriMer. Crise économique et comportements de consommation alimentaire des Français.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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