Bien manger coute cher ! vraie ou fausse idée ?

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Le public considère souvent que bien manger, c'est-à-dire en accord avec les recommandations nutritionnelles, est particulièrement onéreux. Mais cette appréciation, largement partagée, est-elle réellement fondée ? Dans le cahier N°4 de la Chaire Européenne Filière d'Excellence Alimentaire de l'ESSEC intitulé « Une alimentation équilibrée coûte cher : Mythe ou réalité ? », Perrine Nadaud s'était interrogée sur le montant du budget d'un régime alimentaire idéal (équilibré sur le plan nutritionnel, diversifié, etc.).

Le public considère souvent que bien manger, c'est-à-dire en accord avec les recommandations nutritionnelles, est particulièrement onéreux. Les fruits et les légumes qui devraient occuper une part substantielle du régime alimentaire sont considérés comme particulièrement chers. Mais cette appréciation, largement partagée, est-elle réellement fondée ?

C'est aussi la question que deux économistes du ministère de l'Agriculture des USA se sont posée. Elles ont comparé les prix des produits nutritionnellement corrects à ceux des produits moins sains. Pour former un jugement objectif, elles ont utilisé trois critères : le prix de la calorie, le prix pour 100 GR et le prix pour une portion consommable (par exemple après épluchage).

Finalement, elles ont estimé le coût de la portion recommandée selon les normes nutritionnelles en vigueur aux États-Unis. Les trois premiers critères peuvent être utilisés indépendamment du régime alimentaire adopté. Le troisième donne une idée du prix pour une portion moyenne. La portion moyenne est calculée sur la base des données de la consommation réelle des Américains. La portion peut être substantiellement différente d'une personne à l'autre. Les auteurs indiquent que les produits les plus énergétiques sont souvent consommés sous la forme de grandes portions.

Leur étude présente un autre intérêt : celui de montrer qu'il existe une différence substantielle de prix au sein d'une même catégorie de classe de produits (comme la classe des produits laitiers).

Le graphique ci-dessous (extrait de leur rapport) donne une bonne idée des résultats entre les différents groupes alimentaires. Les « Moderation Foods » sont les produits régulièrement consommés, mais dont le profit nutritionnel n'est pas idéal (trop gras, trop sucré ou trop salé).

Le lecteur notera la grande différence de prix au sein d'une même famille (exprimé sous la forme de gradients de couleur dans chacune des barres).

Le prochain graphique indique quel est le coût (sur l'axe des abscisses) nécessaire pour satisfaire aux recommandations alimentaires par groupe d'aliments (par exemple, selon la pyramide alimentaire) avec des produits les moins coûteux de chacune des familles. Le prix le plus élevé dans le graphique est le prix « moyen » du marché. Plus précisément, 50 % des produits ont un prix inférieur au prix à partir de la ligne 50 et 50 % des produits ont un prix supérieur.

Cette étude montre qu'il n'est pas aisé de répondre à la question du prix d'une formule alimentaire en prenant en compte ce que les consommateurs voient du prix des produits (le prix au kilo). Elle souligne à nouveau le fait que les produits les moins chers sont en général ceux qui sont les plus denses sur le plan énergétique, mais de moindre densité nutritionnelle. »

Pour compléter les propos d’Olivier Fourcadet, consulter les cahiers de la Chaire Européenne Filière d'Excellence Alimentaire de l'ESSEC suivants :

(Par Olivier Fourcadet, professeur de management stratégique à l'Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales (ESSEC), Co-titulaire de la Chaire Européenne Filière d'Excellence Alimentaire de l'ESSEC, qui dirige et co-rédige avec Fanny Bénard, consultante, diplômée de l'AgroParisTech et de l'ESSEC, le blog Nouvelles Perspectives en Agroalimentaire)

SOURCE : ESSEC

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