Besoins énergétiques : les experts se prononcent

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À la demande de la Commission européenne, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a été mandatée pour donner son avis scientifique sur l'ensemble des valeurs nutritionnelles de référence (VNR) pour la population européenne. Dans ce contexte, elle se prononce aujourd'hui sur les VNR pour l'apport énergétique.

Les derniers avis scientifiques émis au niveau européen en matière d'apports en nutriments et énergie datent de 1993. Leur révision et leur actualisation étaient nécessaires. D'autant plus que depuis, des comités scientifiques dans différents pays membres de l'Union européenne et aux États-Unis ont émis de nouveaux avis au niveau national sur les apports nutritionnels recommandés et que, malgré un consensus global, les avis diffèrent pour certaines recommandations.

De plus, outre les nouvelles connaissances scientifiques, certains composants nutritionnels, par exemple les fibres, n'avaient pas été pris en compte en 1993 lors de l'avis du Comité scientifique de l'alimentation. C'est dans ce contexte que le groupe sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (NDA) de l'Efsa se prononce aujourd'hui sur les VNR pour l'énergie (*) - Average Requirement, équivalent du besoin moyen - du nourrisson à l'adulte.

Comment les établir ?

Les VNR en apport énergétique alimentaire fournissent la meilleure estimation des besoins énergétiques alimentaires des différents groupes de population au sein de l'Europe. Exprimées en besoins moyens selon l'âge et le sexe, elles sont néanmoins d'utilité limitée pour l'individu et doivent être adaptées selon la spécificité de l'objectif (évaluation nutritionnelle, élaboration de régime, développement de recommandation nutritionnelle...). De plus, la population cible doit être définie.

Dans cet avis, la dépense énergétique totale (DET) a été choisie comme critère de base pour l'élaboration des besoins moyens en énergie. La DET sur 24 heures est la somme de la dépense énergétique de repos (DER), la dépense énergétique pour l'activité physique et l'effet thermique des aliments. Cette DET peut être mesurée par la méthode à l'eau doublement marquée, et la DER est utilisée à la place du métabolisme de base.

Une des approches pour déterminer les besoins énergétiques consiste à utiliser des équations de régression qui montrent, pour une population définie et une activité physique constante, les variations de la DET en fonction de la taille et du poids. Une autre approche, choisie par le groupe d'experts pour l'estimation de la DET, consiste à multiplier la DER, estimée par l'équation de Henry, par un facteur traduisant l'intensité de l'activité de la personne, le NAP (niveau d'activité physique). Le NAP est estimé à partir du temps passé à différentes activités quotidiennes selon le type de travail (de bureau ou physique) et le mode de vie (tâches ménagères, courses, marche, exercice physique.).

Il est de 1.4, 1.6, 1.8 et 2 pour une personne sédentaire, modérément active, très active et extrêmement active respectivement.

En pratique, pour l'estimation de la DER chez l'adulte, les tailles correspondaient à celles relevées dans les enquêtes nationales de 13 États membres et les poids ont été calculés pour un indice de masse corporelle (IMC) de 22 kg/m2. Pour les enfants, ce sont les médianes des tailles et des poids issues des courbes de croissance harmonisées pour l'Europe ou des standard de l'OMS qui ont été utilisées.

En pratique

Le groupe a ainsi établi les besoins moyens selon l'âge, le sexe et le niveau d'activité pour un IMC sain présumé de 22. Pour les enfants, l'énergie supplémentaire pour la croissance était traduite par une augmentation de 1 % du NAP pour chaque groupe d'âge. Pour la femme enceinte, pour une prise optimale de 12 kg, 70, 260 et 500 kcal/jour sont ajoutés pour le premier, deuxième et troisième trimestre de grossesse respectivement et 500 kcal/jour en postpartum en cas d'allaitement.

Ainsi, sur la base d'un mode de vie modérément actif, les besoins moyens d'apport énergétique à l'âge de 17 ans par exemple sont de 2 300 et 2 900 kcal/jour pour les filles et les garçons respectivement. Pour l'adulte entre 70 et 79 ans, les besoins moyens seront de 1 800 kcal/jour pour la femme et 2 300 kcal/jour pour l'homme. À noter que le passage d'une activité modérée (NAP = 1,6) à une activité extrême multiplie ces besoins par 1,25. Ainsi, un homme de plus de 70 ans aura besoin de plus de 2 800 kcal/jour s'il est extrêmement actif.

Aux experts de conclure à la nécessité d'adapter ces valeurs en tenant compte de la spécificité des objectifs souhaités, ainsi qu'au type de population/individu à laquelle/auquel elles sont destinées.

(*) European Food Safety Authority (Efsa). Scientific opinion on dietary reference value for energy. EFSA Journal 2013;11:3005.

(NUTRI-doc n°101 - Février 2013)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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