Avoir un bon IMC n’est pas nécessairement facteur de bonne santé

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L’indice de masse corporelle (IMC) est une référence en matière de santé. L’IMC est le poids en kilo divisé par la taille au carré de la personne. Il est dit qu’un IMC de 18.5 est normal et sain, mais entre 25.0 et 29.9 les personnes sont en surpoids et au-delà de 30, elles sont obèses. Il y a beaucoup de problèmes avec l’IMC, et pas des moindres car il ne nous dit rien au sujet de la composition de l’organisme...

« Avoir un bon IMC n’est pas nécessairement facteur de bonne santé » - Crédit photo : www.sante.gouv.fr Il est possible d’être mince, en bonne santé, et bien musclé et avoir un IMC qui vous classe en surpoids voire même obèse. De même, vous pouvez être chétif, une masse musculaire pauvre, et être classé comme sain. Utiliser l’IMC pour juger de la bonne santé est un non-sens.

Un autre problème avec l’IMC est qu’il ne dit rien au sujet de la répartition du poids (en particulier de la graisse) dans le corps. C’est important de reconnaitre le fait que le poids qui se situe à la taille (en particulier le poids concentré autour et à l’intérieur de l’abdomen) a de fortes répercussions telles que des maladies du cœur et un diabète de type 2. D’un autre côté, la graisse sous la peau, comme sur les jambes ou les bras, ne semble pas être un facteur de risque pour la santé.

Le fait que la graisse abdominale ait été reconnue comme un facteur de mauvaise santé a conduit à une mesure croissante de l’épaisseur abdominale telle que le tour de taille et le tour de hanche.

Toutefois, un article publié fin juillet dans Deutsches Ärzteblatt International a mis en exergue que de telles mensurations étaient généralement utilisées pour des individus désignés comme étant en surpoids ou obèses sur la base de leur IMC.

Les auteurs ont essayé de trouver la valeur du tour de taille risquant de développer un diabète pour un individu ayant un IMC normal. Ils ont ensuite comparé le risque apparent de ceux qui sont considérés comme en surpoids ou obèses, mais leur tour de taille n’était pas spécialement élevé. Les chercheurs ont suivi plus de 25.000 hommes et femmes âgés entre 35 et 65 ans sur une période de 8 ans.

Le tour de taille moyen pour les hommes était de 94 centimètres. Pour les femmes, il était de 79. Pour les hommes comme pour les femmes, le risque de diabète était très bas pour ceux dont le tour de taille était en dessous de la moyenne alors qu’il avait un IMC inférieur à 25 (considéré comme sain).

Les hommes appartenant au groupe de risque faible, ceux avec un tour de taille peu élevé mais en surpoids selon leur IMC était 2.26 fois plus exposés au risque de développer un diabète de Type 2. Ceux avec un grand tour de taille et un IMC en surpoids avaient cinq fois plus de risque de développer le diabète de Type 2.

Mais, qu’en est-il de ceux dont l’IMC est bon avec un tour de taille important ? Ces individus sont 3.62 fois plus exposés pour développer des diabètes.

Et c’est à peu près la même chose pour les femmes. Celles qui ont un petit tour de taille et un IMC en surpoids n’ont pas été désignées comme ayant statistiquement un risque élevé de diabète.

Toutefois, celles avec un important tour de taille et un IMC sain ont 2.74 fois plus de risque de développer des diabètes que celles qui ont un IMC sain et un petit tour de taille.

Voici deux extraits des auteurs sur cette étude :

  • « Le Risque Relatif (RR) de développer un Type 2 DM (diabetes mellitus) parmi les personnes qui ont un poids faible ou normal (IMC moins de 25) et qui on un important tour de taille était aussi élevé que parmi celles en surpoids (IMC entre 25.0 et 29.9) avec un petit tour de taille ».
  • « Ces découvertes impliquent que le tour de taille est un élément supplémentaire important pour évaluer le risque de Type 2 DM, particulièrement parmi les personnes de poids faible ou normal ».

Cette étude met en lumière l’importance de se concentrer sur le fait de garder un corps sain sans graisse à la taille et attacher moins d’importance au poids ou à l’IMC. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai écrit mon dernier livre « Waist Disposal »

(Par le Dr. John Briffa, médecin basé à Londres, journaliste en médecine, spécialisé dans la nutrition et la médecine naturelle - D'après Having a "Healthy" BMI Not Necessarily Healthy)

SOURCE : La Grande Epoque

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