Avant trois ans, ce n'est pas tout à fait comme les grands !

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Les familles ont souvent hâte de partager des repas conviviaux avec leur petit. Il ne faut cependant pas précipiter les choses car un passage trop brusque à une alimentation semblable à celle des adultes risque d'entraîner des carences chez l'enfant ou, à l'inverse, de favoriser un excès de poids chez celui-ci.

« Avant trois ans, ce n’est pas tout à fait comme les grands ! » - Crédit photo : © resun vatansever - Fotolia.com L’alimentation de l’enfant âgé de un à trois ans est capitale car elle va lui permettre de consolider ses acquis alimentaires. A ce moment de leur vie, les bambins sont très curieux et il faut en profiter pour leur faire découvrir un maximum de saveurs. Selon une enquête réalisée en 2005 par l’Institut d’Etudes Marketing et d’Opinion International en France, 53% des enfants âgés de 13 à 18 mois mangeraient régulièrement la même chose que les adultes. On constate également grâce à cette étude que certains aliments non indispensables à l’équilibre nutritionnel sont introduits trop précocement dans l’alimentation des enfants en bas âge : les frites et les sauces type mayonnaise, par exemple, sont introduites dans l’alimentation dès 10-12 mois, la charcuterie et les sodas vers 13-18 mois.

Quels sont leurs besoins ?

A trois ans, l’enfant aura normalement multiplié son poids de naissance par quatre et doublé sa taille. Pour qu’il y parvienne, il va falloir lui apporter de l’énergie et des nutriments en quantités et qualités adaptées à ses besoins. Quels sont ces derniers? Au niveau de l’énergie, il convient de faire la distinction entre garçons et filles, les premiers ayant besoin de plus d’énergie que les secondes pour couvrir leurs besoins journaliers. Il faut compter entre 980 et 1200kcal/j pour les filles et 1100 à 1300kcal/j pour les garçons.

En matière de protéines, la quantité journalière recommandée pour les enfants âgés de 1 à 3 ans est de 1,0 à 0,9g/kg de poids corporel. Et pour ce qui concerne les lipides, des apports se situant entre 35 et 40% de l’apport énergétique total (AET) semblent idéaux. La qualité de ces lipides est également importante. Il est donc nécessaire de couvrir les besoins de l’enfant en acides gras mono-insaturés ( >12% de l’AET) et en acides gras polyinsaturés ( >8% de l’AET). Les apports en acides gras mono-insaturés devraient comprendre 0,45 à 1,5% de l’AET sous forme d’acide linolénique, 0,15 à 0,55% de l’AET sous forme d’EPA+DHA, 2 à 5% de l’AET sous forme d’acide linoléique et 0,1-0,25% de l’AET sous forme d’acide arachidonique. La quantité d’acides gras saturés ne doit, quant à elle, pas dépasser 8% de l’AET.

Pour ce qui est des glucides, le besoin journalier s’obtient par différence (100% - % AET protéines - % AET lipides). L’apport en sucre ajouté doit être limité. Les besoins en fibres sont fixé à 15 grammes par jour pour les enfants âgés de 1 à 3 ans et les besoins en eau sont de 100 à 75 ml/kg par jour. Enfin, en termes de micronutriments, il convient de cibler le calcium (800 mg/j), le phosphore (700 mg/j), le fer (10 mg/J), le magnésium (80-85 mg/j) et la vitamine D, pour laquelle un supplément doit être fourni à l’enfant, surtout en période hivernale, afin de couvrir totalement ses besoins (5-10 ?g/j).

Que leur donner ?

Jusqu’à l’âge de 3 ans, l’enfant a besoin d’une alimentation adaptée qui réponde à ses spécificités physiologiques et lui garantisse une croissance et un développement harmonieux. La pyramide alimentaire de l’enfant âgé de 12 à 36 mois est légèrement différente de celle des adultes. L’eau est la meilleure boisson pour les enfants en bas âge. Elle peut être consommée tout au long de la journée. Les jus de fruits et le lait sont, quant à eux, considérés comme des aliments. Il est bien entendu inutile de rappeler que l’alcool est strictement interdit.

Les féculents, source de glucides complexes, doivent être présents à chaque repas, c’est-à-dire 4 fois par jour. Il peut s’agir de pain, de pâtes, de riz, de pommes de terre, ...

Les fruits et légumes apportent des vitamines, des minéraux et des fibres. Il est donc important de les faire figurer au menu des enfants à raison de trois fois par jour au moins et sous toutes les formes: crus, cuits, compotes, salades, ... Il faut cependant éviter d’introduire les fruits à coques avant 3 ans.

Les produits laitiers, sources de calcium, doivent être consommés par l’enfant deux à trois fois par jour. L’allaitement maternel peut être maintenu jusque 18 mois. Si ce n’est plus le cas, il faudra plutôt opter pour un lait « de croissance » jusque 3 ans. Ces laits sont adaptés aux besoins des tout petits de 12 à 36 mois. Il faut cependant rester vigilant car certains de ces produits peuvent être aromatisés et sucrés et les variantes à base de céréales sont plus riches en protéines que les autres. Si l’enfant refuse de boire du lait, il est possible de lui proposer du yaourt ou du fromage mais il faudra rester conscient que ceux-ci apportent des protéines en quantités plus importantes. Les fromages frais aromatisés et sucrés seront à éviter car ils apportent beaucoup trop de protéines et de sucres ajoutés. L’utilisation de lait cru est déconseillée pour un souci microbiologique.

La famille des viandes, volailles, poissons et œufs doit être présentée une seule fois par jour. Les quantités varient de 25 g à 1 an, à 30-50 g entre 18 mois et 3 ans. Il est préférable d’opter pour des viandes maigres et non salées. Le poisson doit être inscrit deux fois par semaine au menu. Les charcuteries doivent être limitées car elles représentent une source de sel et de graisses cachées.

Varier les choix

L’étage suivant dans la pyramide de l’enfant est celui des matières grasses visibles, sources d’énergie, d’acides gras essentiels et de vitamines liposolubles. Il est important de varier leur choix et de veiller à la qualité de celles-ci (utilisation d’huile de colza pour la cuisson, ...). Enfin, la consommation des extras, à savoir, chips, confiseries, biscuits, boissons sucrées doit être réservée à certaines occasions car ils ne sont pas indispensables à la santé et peuvent couper l’appétit ou favoriser le développement de caries dentaires.

Références :

(" HEALTH & FOOD " n°95 - Avril/Mai 2009)

SOURCE : Health and Food

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