Après SU.VI.MAX, SU.FOL.OM3

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L'étude d'intervention SU.FOL.OM3 (SUpplémentation en FOlates et Omégas 3) a démarré début avril. Il s'agit de tester, sur des sujets à risque, l'impact d'une supplémentation en folates, vitamines B6 et B12 et/ou en acides gras oméga-3 sur l'incidence ou la récidive des maladies athérothrombotiques cardio- et cérébrovasculaires.

Première cause de mortalité en France, les maladies cardiovasculaires sont à l'origine de près de 170 000 décès chaque année. Des facteurs nutritionnels susceptibles d'intervenir dans le déterminisme de ces maladies ont pu être identifiés et, aujourd'hui, on dispose de suffisamment de données physiopathologiques, cliniques et épidémiologiques qui justifient le développement d'essais d'interventions.

Folates, vitamines B6 et B12 et athérosclérose

Depuis la première hypothèse, formulée en 1969, d'une association entre l'accumulation d'homocystéine et l'athérosclérose, de nombreuses études épidémiologiques ont constaté la présence d'une homocystéinémie plus élevée chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires. Une différence de 5 µmol/l de l'homocystéinémie serait associée à une réduction du risque de maladie coronarienne et vasculaire cérébrale. D'après d'autres études, l'hyper homocystéinémie serait à l'origine d'un dysfonctionnement endothélial et ainsi impliquée dans le processus d'athérosclérose et de thrombose. Or, cet état d'hyperhomocystéinémie est déterminé par des facteurs génétiques et nutritionnels. Ainsi, les folates/vitamines B6 et B12, par leur implication dans le métabolisme de l'homocystéine - dont ils diminuent le taux sanguin -, pourraient exercer un effet protecteur. Des études de supplémentation en ces vitamines ont montré des effets bénéfiques sur la fonction endothéliale, mais seule une étude d'intervention permettra de conclure sur la réalité du lien de causalité.

Acides gras oméga-3 et maladies cardiovasculaires

Plusieurs études d'observation ont retrouvé une association entre la consommation régulière de poisson et un moindre taux de mortalité cardio- et neurovasculaire. Les premières, effectuées sur les populations esquimaudes, attribuent un rôle aux acides gras polyinsaturés de la série oméga-3 (eicosapentaénoïque, EPA, et docosahexaenoïque, DHA), dont les poissons gras sont riches et qui entraînent chez les consommateurs des teneurs plasmatiques élevées en DHA et EPA et faibles en acide arachidonique. Ces acides gras oméga-3 agissent sur l'agrégation plaquettaire et exercent un effet antithrombotique et sur la fonction endothéliale. Ils possèdent également un effet antiarythmique, réduisent la concentration en triglycérides et participent au processus anti-inflammatoire.

Etude SU.FOL.OM3 : objectif et méthodologie

L'objectif de cette étude, dont l'INSERM est le promoteur, est de vérifier l'intérêt d'un apport supplémentaire en folates (et vitamines B6 et B12) et/ou en oméga-3 dans la prévention de la récidive de pathologies ischémiques chez des sujets à risque. Dans cet essai en double aveugle seront inclus 3 000 sujets répartis sur toute la France, âgés de 40 à 80 ans, coronariens avérés ou ayant présenté un accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique au cours de l'année écoulée. Les sujets seront randomisés en quatre groupes pour recevoir quotidiennement et selon les mêmes modalités soit une association de folates, vitamines B6 et B12, soit des acides gras oméga-3 (EPA et DHA dans le ratio 2 : 1), soit l'association des deux, soit un placebo. Les doses utilisées sont de type "nutritionnel" correspondant à des compléments alimentaires.

La supplémentation et la surveillance sont programmées pour cinq ans avec un suivi clinique et un bilan biologique réalisés chaque année. Ainsi seront collectées les informations sur les événements-santé survenus - notamment cardiovasculaires - et sur l'évolution des aspects du mode de vie pouvant avoir une influence (tabagisme, activité physique…). Le bilan biologique permettra de suivre divers biomarqueurs (homocystéine, profil des acides gras, marqueurs vitaminiques…) et de rechercher certaines mutations génétiques. Sur un sous-échantillon de sujets seront mesurés certains paramètres : épaisseur intima-média, plaques artérielles, sténoses, hémodynamique de la pression artérielle, marqueurs de l'hémostase et de l'inflammation…

L'efficacité de l'intervention sera jugée (critère principal) sur la réduction des événements athérothrombiques (infarctus du myocarde, AVC ischémique ou décès d'origine cardiovasculaire). La mortalité totale et cardiovasculaire, les hospitalisations pour pathologie coronarienne, cardiaque et vasculaire constituant les critères secondaires.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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