Apports conseillés en lipides : une année riche en nouvelles recommandations

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L'année 2010 se révèle riche en matière de recommandations nutritionnelles sur les lipides. Après l'AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) qui vient de publier de nouveaux Apports Nutritionnels Conseillés (ANC) pour cette catégorie de nutriments, c'est au tour de I'AESA (Agence Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA)) de définir ses Dierary Référence Values (DRV) pour les lipides. Tour d'horizon de ces nouvelles valeurs de référence, alors que dans le même temps, l'huile de palme s'invite dans le débat, sous couvert de la problématique environnementale.

France : de nouveaux ANC en lipides à la hausse

« Apports conseillés en lipides : une année riche en nouvelles recommandations » - Crédit photo : amfitness.co.uk Les derniers ANC pour les lipides dataient de 2001, et l'AFSSA a estimé nécessaire leur réévaluation au regard des données scientifiques acquises depuis. La mise à jour de ces recomman­dations a été publiée en mars 2010, Parmi íes évolutions, on note l'augmentation des niveaux recommandés d'apports en lipides totaux qui passent de 30-35% à 35-40% de l'apport énergétique (AE).

Tableau comparatif des recommandations pour un adulte consommant 2000Cal/jour, exprimée en % de l'AET

  Lipides totaux Acides gras satutés Acides gras mono-insaturés (acide oléique) Acides gras poly-insaturés
ANC 2001 30-35% 8% 20% 18:3 n-3 0.8%
18:2 n-6 4%
ANC 2010 35-40% <=12% 15-20% 18:3 n-3 1%
18:2 n-6 4%

Cette évolution se traduit par une diminution des apports recommandés en acides gras mono-insaturés (AGMI) qui sont en 2010 de 15-20% de l'AE et une augmentation des apports en acides gras saturés (AGS) à 12% de l'AE. Concernant ces derniers, l'Agence considère qu'ils ne peuvent plus être considérés comme un ensemble car ils diffèrent par leurs structures, leurs métabolismes, leurs fonctions cellulaires et leurs effets.

Europe : des recommandations moins détaillées

Le groupe scientifique sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (NDA) de l'AESA a défini, quant à lui des DRV (Dietarv Référence Values), pour - entre autres - les lipides, qui correspondent aux apports nutritionnels conseillés au niveau européen. Pour déterminer ces apports, l'AESA se base sur ies recommandations des différents pays de l'Union Européenne, mais aussi sur sa propre expertise des données, scientifiques actuellement disponibles.

Contrairement à l'AFSSA, l'AESA, dans son avis (Scientîfic opinion) de mars 2010, estime que les apports en matières grasses doivent représenter entre 20 et 35 % de rapport énergétique total. Le panel NDA ne fait pas de distinction entre les différentes familles d'acides gras saturés et estime, au vu des données de la littérature, qu'il n'existe pas de seuil d'acides gras saturés en dessous duquel aucun effet indésirable ne peut être observé.

Le groupe d'experts n'a pas fixé de DRV pour les AGS ni pour les AGMI. L'AESA se contente de conclure sur le fait que l'apport en acides gras saturés et en acides gras trans doit être aussi faible que possible dans le contexte d'un régime alimentaire équilibré. Les DRV de I'AESA se distinguent des .recommandations de l'AFSSA en raison d'une approche qui prend en compte des régimes alimen­taires présentant de fortes variabilités et une volonté de précaution et de sécurité des populations.

En termes de recommandations, les nouveaux ANC en lipides pour la population française constituent une bonne base d'information et de réflexion pour le clinicien, il ne faut pas oublier qu'ils sont destinés à couvrir les besoins de la quasi-totalité de la population et ne constituent pas une norme individuelle. En pratique, il est admis que si les apports d'un individu se situent entre le besoin moyen, correspondant â un peu plus des deux tiers de l'ANC et l'ANC, les risques de carences nutritionnelles sont faibles.

Dans cette actualité sur îes matières grasses, les palmiers à huile se font également une place, moins pour les caracté­ristiques nutritionnetles de leur huile, que pour la déforestâtion dont leur culture serait responsable. Une situation qui met en exergue le lien toujours plus fort qui se tisse entre alimentation et environnement et qui constitue déjà un enjeu majeur de nos sociétés modernes.

(Par Antoine Mercier, Directeur Conseil de l'Agence Protéines - La Lettre Faxée de Nutrition ® - Juin 2010)

SOURCE : Groupe Protéines

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