Appel à l'amélioration de la qualité des matières grasses consommées en France et dans le monde

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Les 1er et 2 février derniers à Barcelone, un sommet international (International Expert Meeting) consacré à « l'importance de la qualité des matières grasses du régime alimentaire sur la santé » [1] a réuni 40 des plus grands spécialistes mondiaux de l'alimentation, de la nutrition et de la santé, dans le but de définir des approches permettant aux consommateurs de faire les bons choix en termes de consommation de matières grasses.

« Appel à l’amélioration de la qualité des matières grasses consommées en France et dans le monde » A l’issue de ce congrès, les experts ont lancé un appel à la mobilisation pour diffuser des conseils clairs et pratiques, afin d’améliorer la qualité de la consommation des matières grasses dans le monde.

En France, la qualité de la consommation des matières grasses n’est pas conforme aux recommandations de l’OMS

Les résultats de récentes études scientifiques ont démontré le décalage entre les comportements des consommateurs et les recommandations concernant les apports en matières grasses.

En France, la consommation en acides gras essentiels et tout particulièrement en oméga 3 et 6 est largement en dessous des recommandations de l’OMS, tandis que celle en acides gras saturés est excessive. La consommation en vitamine E est quant à elle insuffisante.

La méconnaissance des bénéfices santé des matières grasses règne dans les esprits

Une étude consommateurs récente [2] a permis d’apporter un éclairage essentiel pour comprendre les comportements actuels, et a mis en avant le faible niveau d’information et de connaissance des consommateurs français concernant les matières grasses :

  • 68% des Français pensent que les matières grasses ne sont pas nécessaires dans une alimentation équilibrée. En réalité, les matières grasses sont indispensables et participent à l’équilibre alimentaire. La margarine est une excellente source de matières grasses végétales, principalement insaturées, et est donc à privilégier.

  • Les Français connaissent et différencient mal les types de matières grasses. Ils associent aux matières grasses : le beurre, l’huile, la margarine, le fromage...mais, ils ne savent pas distinguer les matières grasses à privilégier (qui apportent des acides gras essentiels), de celles à limiter.
La majorité des consommateurs n’a pas conscience que les matières grasses, apportées en quantité raisonnable, sont importantes pour la santé.

Le consensus scientifique sur les matières grasses et la santé est clairement établi

Les objectifs à atteindre en terme de consommation font l’objet d’un consensus au sein de la communauté scientifique. Les études scientifiques menées ces 15 dernières années ont permis de progresser dans la connaissance des différents types de matières grasses et de leurs effets sur la santé. Leurs résultats convergents ont permis aux chercheurs d’établir des recommandations scientifiquement fondées.

La place que doivent avoir les matières grasses dans l’alimentation est aujourd’hui clairement définie dans les recommandations de l’OMS, émises en 2003 et complétées en 2007 sur les acides gras trans.

Ces recommandations ont été réaffirmées lors des conclusions de l’IEM et la présentation du « North karelia Projet » a illustré à quel point leur suivi a permis d’enregistrer des résultats exemplaires. Ce projet a été lancé en 1972 en Finlande pour réduire rapidement et efficacement l’incidence des maladies cardiovasculaires dans une région particulièrement touchée par ce fléau.

Le programme qui a conjugué actions de préventions globales et mobilisation des consommateurs eux-mêmes s’est révélé particulièrement performant. A titre d’exemple : le taux de mortalité cardiovasculaire pour les hommes âgés de 35 à 64 ans a chuté de 80% entre 1972 et 2007. L’alimentation, et notamment la qualité des matières grasses consommées, figure parmi les facteurs déterminants de ce succès : entre 1972 et 1992, la consommation de beurre a chuté de 90% à 15%.

Appel à actions et recommandations

Après avoir rappelé les points suivants :

  • La qualité des matières grasses dans l’alimentation est essentielle pour la croissance et le développement. Elle a un impact déterminant sur le taux de cholestérol dans le sang et la prévalence des maladies cardiovasculaires.

  • La quantité des matières grasses est également un élément clé : 30% à 35% des apports énergétiques totaux par jour doivent être apportés à l’organisme par les matières grasses. Soit :

    1. 10% maximum d’acides gras saturés et moins de 1% d’acides gras trans
    2. 20% à 25% d’acides gras insaturés dont 6 à 10% d’acides gras poly-insaturés (oméga 3 et 6) complétés d’acides gras mono insaturés.

  • La simple modification des habitudes alimentaires, particulièrement concernant les matières grasses a un impact sur la santé : par exemple il est recommandé de remplacer les produits laitiers entiers et les viandes par des produits écrémés ou maigres, et de privilégier des matières grasses d’origine végétales, riches en graisses essentielles (de la margarine, de l’huile de tournesol, de colza, de soja).

Les experts ont lancé un appel à actions

1 Penser « qualité ET quantité » des matières grasses, et consommer tous les jours et sans excès des matières grasses en privilégiant celles d’origine végétale, telles que l’huile et la margarine
  • selon l’OMS, 30% à 35% des apports énergétiques totaux par jour doivent être apportés à l’organisme par les matières grasses (dont 2/3 d’acides gras insaturés d’origine végétale).

2 Favoriser la consommation d’acides gras essentiels et plus particulièrement d’oméga 3

  • Les acides gras essentiels sont indispensables à notre organisme mais celui-ci ne sait pas les fabriquer. Ils doivent donc être apportés régulièrement par notre alimentation.
  • Les consommateurs peuvent en trouver dans le saumon et les poissons gras, les noix et dans les matières grasses d’origine végétale telles que la margarine, les huiles de noix, de colza...

3 Privilégier tous les jours les matières grasses végétales qui peuvent assurer 1/3 des apports nécessaires en acides gras essentiels

  • 20 g de margarine ou 2,5 cuillères à soupe d’huiles végétales apportent 1/3 des acides gras essentiels nécessaires par jour pour respectivement 95 et 160 kcal.
  • La margarine concentre 6 à 20 fois plus d’acides gras essentiels que le beurre et une portion de 20 g peut apporter environ 40% et 20% des apports journaliers recommandés en vitamines E et D.

Références :

  1. International Expert Meeting, organisé sous l’égide de l’IUNS (International Union of Nutritional Sciences) présidé par le Professeur Ricardo Uauy.
  2. Millward Brown octobre 2008 : étude menée auprès des consommateurs dans seize pays sur leur perception et consommation de matières grasses.

(Professeur Philippe Dabadie, Groupe hospitalier Pellegrin, Bordeaux - Table ronde Unilever - 3 mars 2009)

SOURCE : Unilever margarine

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