Antioxydants : prenez-les dans les aliments, tout simplement !

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Pendant longtemps, on a mangé des antioxydants sans le savoir. Dans notre alimentation courante. Depuis une trentaine d'années, on en parle dans les magazines, on en vend dans les pharmacies... Aujourd'hui, les études portant sur les « bienfaits » des suppléments médicamenteux ne sont pas convaincantes. Les antioxydants sont bénéfiques essentiellement quand ils sont pris dans les aliments. En 2009, il n'est pas trop tard pour redécouvrir les vertus d'une alimentation équilibrée...

« Antioxydants : prenez-les dans les aliments, tout simplement ! » - Crédit photo : www.guerir.fr Au commencement était le stress oxydatif. Dû à des molécules d’oxygène instables appelées radicaux libres : ils sont produits par l’organisme, en rapport avec son fonctionnement et aussi avec des agressions extérieures comme la pollution, les radiations diverses, l’usage de toxiques... Quand ils sont en excès, ils endommagent la membrane des cellules. L’oxydation, la rouille en somme... D’où un déséquilibre des systèmes de défense de l’organisme. Un déséquilibre qui est à l’oeuvre dans le vieillissement et dans diverses pathologies : maladies cardiovasculaires, cancers, maladies neurologiques (Parkinson, Alzheimer), maladies oculaires (cataracte, dégénérescence maculaire liée à l’âge), complications du diabète...

On a fait le constat que certains déficits en antioxydants pouvaient augmenter le risque de maladies. A l’inverse, de nombreux antioxydants sont susceptibles d’apporter une protection quand ils sont fournis par l’alimentation. Vitamines C et E, lycopène et bêta carotène contre les maladies cardiovasculaires. Lycopène contre le cancer de la prostate, bêta carotène contre les cancers du poumon et des voies respiratoires...

Les antioxydants sont nombreux, et présents dans de nombreux aliments. La vitamine E dans les huiles végétales (en proportions variables selon les huiles), dans certains fruits secs (noisettes, amandes...) et le germe de blé. La vitamine C dans les fruits et légumes, en particulier agrumes, kiwi, fraises, poivrons, choux. Les caroténoïdes dans des fruits et légumes variés et colorés : en jaune ou orange (carottes, melons, abricots) pour le bêta carotène, en rouge (tomates, pastèque, papaye) pour le lycopène, en vert (salades, épinards, choux) pour d’autres caroténoïdes...

Les polyphénols (flavonoïdes, tannins...) sont présents dans de nombreux fruits et légumes (oignons, pommes de terre, laitue, pomme, cerise, raisin, prunes, agrumes), mais aussi dans le cacao, le thé, le café, le vin, les herbes, la cannelle, la vanille... Le sélénium est apporté par les produits de la mer, le foie, les abats, les viandes, les produits laitiers, les oeufs... Le zinc par les huîtres, le foie, le germe de blé, la viande, les légumes secs, le jaune d’oeuf...

En revanche, les résultats obtenus par les cocktails d’antioxydants sous forme de médicaments sont aujourd’hui très décevants. L’étude Suvimax a constaté une baisse de la mortalité globale, mais seulement chez les hommes. Certains cancers ont diminué en nombre, mais d’autres ont progressé. Dans une autre étude menée chez des fumeurs, le bêta carotène à fortes doses n’a eu aucun effet sur le risque cardiovasculaire, mais a augmenté le risque de cancer du poumon ! Et si une étude chinoise a trouvé que le sélénium diminuait le risque de cancer de la prostate, les études sur la vitamine E ne montrent aucune diminution des maladies cardiovasculaires ni de la mortalité qui leur est associée.

Au total, il semble que certains « compléments » (utilisés à doses « physiologiques ») pourraient éventuellement être utiles en cas de carence avérée. Administrés à tout le monde, ils sont inutiles, voire dangereux à fortes doses. Alors que par la synergie naturelle de leurs différents constituants (dont on ne connaît pas tous les mécanismes), les aliments sont reconnus comme les meilleurs fournisseurs d’antioxydants. Le meilleur cocktail pour s’anti-oxyder, c’est une alimentation équilibrée, avec « de tout » !

(Communication du Pr JM Lecerf (Lille), Entretiens de Bichat, volume médecine, p. 201-205. Expansion Formation et Editions.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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