Anorexie, boulimie, de bien troublants troubles...

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Alors que les troubles du comportement alimentaire touchent un ado sur quatre, de plateaux TV en news magazines, anorexie et boulimie sont devenues les vedettes médiatisées des troubles du comportement alimentaire. Culte de la minceur et société de consommation y sont désignés comme coupables. Pas si simple.

Il faut reconnaître que la tentation est grande... Face aux mannequins squelettiques qui révèlent leur maigreur à l’occasion de chaque défilé de Haute couture à Paris, Rome ou New-York, les responsables désignés sont ceux qui, de près ou de loin, ont imposé dans nos sociétés de look le culte de la maigreur.

Tout le monde dans le même sac : les créateurs de mode et les médias - pour l’image de la femme qu’ils façonnent et imposent en permanence, les gourous de la nutrition - pour les régimes-bidon dont ils se gavent sur notre dos, les géants de l’agroalimentaire - pour leur incitation permanente à la consommation, les Pouvoirs publics - pour leur incapacité à prendre des mesures adaptées, les parents - pour leur démission éducative.

De plateaux repas en plateaux de TV

L’anorexie et la boulimie, deux graves troubles du comportement alimentaire (TCA), peuvent, il est vrai, facilement passer pour le symbole rêvé des dégâts occasionnés sur des individus fragiles par une société déviante.

Une explication quand même un peu simpliste à un problème complexe ! Et, en matière de complexité, les TCA occupent une place de choix...

Amplifiée par une surexposition dans le milieu de la Mode et du show biz, l’anorexie paraitrait quasiment être un trouble courant. Or, elle concerne moins de 1% des femmes. La boulimie, fréquemment invitée sur les plateaux de télévision à travers le témoignage de jeunes filles à l’apparence presque banale, touche 1,5% de femmes. Et, qu’il s’agisse d’anorexie ou de boulimie, très rarement d’hommes.

Si ces troubles graves du comportement alimentaire sont aussi rares, pourquoi alors y accorder autant de temps d’antenne ou de pages imprimées ?

Puberté : le moment le plus critique

Tous les épidémiologistes vous le diront : il faut se méfier des statistiques. Dans un pays de 65 millions d’habitants, le moindre pourcentage peut conduire à des conclusions trompeuses. Apparemment faible, le taux de malades anorexiques et boulimiques indique que des centaines de milliers d’individus sont concernés et, avec eux, autant de familles, souvent plongées dans le désarroi.

Si les troubles du comportement alimentaire sont susceptibles de toucher une large population (plus rarement les enfants), l’anorexie et la boulimie débutent généralement après la puberté. En moyenne, l’âge initial est de 14 à 18 ans pour la première et de 19 - 20 ans pour la seconde. Le diagnostic de l’anorexie mentale est a priori simple à porter : un amaigrissement important, une peau sèche, un rythme cardiaque ralenti, une cyanose des extrémités, une hypothermie sont le plus souvent décrits.

Des initiatives de terrain

Pourquoi alors les prises en charge sont-elles la plupart du temps tardives et, plus fréquemment encore, difficiles ? D’abord parce que l’amaigrissement souhaité par les malades, est progressif, plutôt bien supporté et…. totalement nié par les intéressées. Il faut alors près de 6 mois pour évoquer le diagnostic d’anorexie avec certitude et, surtout, commencer un parcours du combattant pour entamer un traitement.

Le nombre des services spécialisés dans le traitement des TCA est incroyablement insuffisant face à l’ampleur du problème. Ces maladies s’accompagnent pourtant de complications psychopathologiques et de graves séquelles mettant parfois en jeu le pronostic vital. Autant de constats qui justifieraient amplement une politique nettement plus volontariste de la part des Pouvoirs publics.

En attendant les décisions politiques, des organismes privés ont décidé de prendre le taureau par les cornes et d’agir. C’est le cas de La Fondation de France qui, depuis plusieurs années, s’est engagée dans un combat de terrain qui ressemble aussi à une course contre la montre.

Anorexie et boulimie... dans le même bateau

L’anorexie est un trouble grave du comportement. L’anorexique est obsédée par son poids et restreint le plus possible ses prises alimentaires. Pour maigrir coûte que coûte, elle peut abuser de laxatifs ou de diurétiques. La boulimie de l’anorexique se caractérise par l’ingestion répétée à intervalle de temps réduit de très grandes quantités de nourriture. Pour ne pas grossir, la malade se fera alors vomir, prendra des laxatifs et se soumettra à un régime sévère.

Si l’anorexie et la boulimie restent heureusement rares, les manifestations atténuées sont fréquentes à l’adolescence pour les deux sexes. Les crises de boulimie concerneraient jusqu’à 28% des filles et 20% des garçons entre 10 et 19 ans et les « stratégies de contrôle du poids », respectivement 19% et 8%.

Fondation de France : Générosité + efficacité = résultats

Dans le cadre de son programme pour la Santé des Jeunes, la « Fondation des fondations » s’est résolument engagée sur le terrain de la prévention et du traitement de l’anorexie et de la boulimie.

Depuis 2006, elle a apporté son aide à une soixantaine d’équipes, cliniciens et chercheurs. Cette année, elle soutient également les structures de soin et les associations qui souhaitent mettre en oeuvre des projets renforçant la coordination et la continuité des soins, l’accompagnement des familles et leur implication dans le parcours de soin. Un appel à projets vient d’être lancé au mois de mai.

Pour en savoir plus, consulter :

SOURCE : BIENSÛR Santé

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