Ananas : l’envers du décor

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Deux pour le prix d’un, offres spéciales... Aujourd’hui, on trouve des ananas à l’année dans les rayons de nos supermarchés. Pour le meilleur et pour le pire… Le meilleur, pour nous consommateurs, qui apprécions ce fruit exotique. Le pire pour les ouvriers agricoles au Costa Rica, d’où proviennent les trois quarts des ananas.

« Ananas : l’envers du décor » - Crédit photo : www.costarica-decouverte.com Le commerce international de l’ananas fait en effet payer un lourd tribut aux travailleurs du Costa Rica. : faibles salaires, problèmes de santé dus à une utilisation massive de pesticides, environnement pollué, ... Réalisé sous l’égide de l’association Consumers International [1], un documentaire montre les graves conséquences de la production intensive d’ananas sur la population et l’environnement costaricains. L’objectif est de pointer du doigt l’impact que peuvent avoir les chaînes d’approvisionnement des hyper et supermarchés sur les conditions de travail dans les pays en développement.

De l'ananas dans nos assiettes : oui, mais à quel prix ?

Guerre des prix dans les supermarchés, déchets toxiques et fruit exotique. Ce document d'investigation compare l’impact sur l’homme et la nature d’une culture à grande échelle avec celui d’une plantation qui respecte des critères de commerce équitable. Les résultats sont sans appel ! Le film dénonce ainsi les conditions sociales et environnementales inacceptables subies par les ouvriers agricoles qui cultivent les ananas au Costa Rica. Il montre aussi pourquoi les supermarchés doivent agir.

D’un côté, nous pouvons voir les ravages sur l’homme et la nature résultant d’une culture intensive de l’entreprise Dole : pollutions des sols et contamination des rivières à cause des pesticides et des engrais surdosés, asphyxie des poissons suite aux accidents agro-chimiques, maladies et détérioration de la santé des personnes qui traitent les récoltes, travaillent dans les plantations pour de faibles salaires, et subissent une répression de leurs syndicats.

De l’autre, les conditions de vie et de travail d’un producteur d’ananas biologique, acteur du commerce équitable, se révèlent bien plus favorables. Exploitant sa propre terre avec sa famille, sans utiliser de produits chimiques, il reçoit un prix minimum garanti pour ses ananas et de l’aide pour l’éducation de ses enfants.

A l’occasion de la sortie de ce film, la CLCV se mobilise pour que les consommateurs se tournent davantage vers les produits du commerce équitable.

Labels de commerce équitable

Pour vous guider dans vos achats, nous vous invitons à vous fier à des labels de commerce équitable qui donnent des gages sérieux. Les plus importants sont les suivants :

« Max Havelaar » Tout produit portant ce label présente des normes élevées en matière de droits du travail, un prix minimal garanti pour les producteurs et le soutien aux organisations de petits producteurs, comme des primes sociales et la possibilité de préfinancement le cas échéant. FLO International (Fairtrade Labelling Organisations International – Fédération internationale de labellisation du commerce équitable) est représenté par l’association Max Havelaar en France.
« World Fair Trade Organisation » Anciennement IFAT (International Fair Trade Organisation, Organisation internationale du commerce équitable), la WFTO World Fair Trade Organisation – Organisation mondiale du commerce équitable délivre ce logo à des structures contrôlées répondant à un code de conduite solide en matière de droits du travail et de normes de travail et d'une gouvernance démocratique.
« ESR - ECOCERT » ESR - ECOCERT délivre ce logo pour les produits agro-alimentaires, cosmétiques et textiles répondant à un cahier des charges ECOCERT EQUITABLE - ESR (échanges Equitables, Solidaires, Responsables) qui prévoit des prix minima garantis, l’accompagnement des producteurs et impose des bonnes pratiques agricoles strictes (la certification bio est exigée).
« BIO EQUITABLE » Le logo BIO EQUITABLE est présent sur les produits importés par les entreprises membres de l’association Bio Partenaire. Ce label combine des normes de production biologique et d'approvisionnement socialement responsable.

La CLCV rappelle qu’il est avant tout de la responsabilité des grandes surfaces de mettre en place des politiques commerciales et des prix équitables vis-à-vis des petits producteurs des pays en développement. Une simple mise en rayons de produits équitables est insuffisante. En exigeant que les supermarchés s’engagent d’une part à vérifier et corriger les conditions de vie et de travail des petits producteurs et d’autre part à nous en informer, nous pouvons contribuer à améliorer la condition des ouvriers agricoles dans les pays en développement.

La CLCV va interpeller les grandes surfaces. Si vous souhaitez soutenir notre action, cliquez ici . Par ailleurs, sous l’égide de CI, et jusqu’au 30 octobre 2010, la CLCV mène l’enquête , afin d’évaluer la façon dont les consommateurs français perçoivent les produits du commerce équitable.

Si vous voulez vous informer sur le commerce équitable, cette courte vidéo vous présente les enjeux d’un achat éco-responsable.

[1] CI est la fédération mondiale des organisations de consommateurs. La CLCV en est membre depuis 1996. Plus d’informations sur www.consumersinternational.org

SOURCE : CLCV

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