Allergies alimentaires : où en est-on ?

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L’allergie alimentaire concerne 1 à 3 % de la population en Europe et aux Etats-Unis. Problème de tous les pays économiquement développés, elle implique de nombreux « acteurs » : médecins et scientifiques, autorités sanitaires, industriels, distributeurs et finalement consommateurs.

« Allergies alimentaires : où en est-on ? + Réaction immunitaire d’hypersensibilité vis-à-vis d’un allergène (une protéine des aliments), l’allergie alimentaire peut être due à de nombreux aliments. En ordre décroissant : fruits à coque, arachide, crustacés et mollusques, fruits, céréales (blé naturel et isolat de gluten), légumineuses (surtout lupin et soja), légumes, lait de vache, viandes/ abats, sarrasin, laits de chèvre/brebis. Presque tous les aliments contenant des protéines peuvent déclencher des réactions allergiques chez les personnes à risque, que les aliments soient industriels, artisanaux ou naturels...

En première ligne, tempère le Pr Moneret-Vautrin (Université de Nancy I), viennent les fruits à coque et l’arachide. Une étude européenne estime qu’entre 5, 5 et 7,5 % des enfants sont sensibilisés à l’arachide. A tel point que pour cette allergie grave, un traitement par immunothérapie orale est à l’étude. La fréquence et la sévérité des allergies à la noix de cajou méritent aussi d’être connue des industriels et des restaurateurs qui souhaitent inclure des fruits à coque dans leurs produits ou recettes.

L’idéal reste de prévenir. Chez l’enfant, la vigilance s’impose si ses deux parents souffrent d’asthme, de dermatite atopique ou de rhume des foins : il risque de développer des symptômes allergiques dans 50 à 80 % des cas. Si un seul parent est allergique, le risque est de 20 à 50 %. Et si aucun parent n’est allergique, il est encore de 15 %.

On a pensé protéger les enfants en retardant le plus tard possible l’introduction des aliments les plus allergisants dans leurs repas. En 2000, les recommandations américaines étaient : pas d’oeuf avant l’âge de 2 ans, pas de poisson et d’arachide avant 3 ans ! Aujourd’hui, ces recommandations sont jugées inefficaces, voire dangereuses. On estime qu’il faut éviter à la fois une introduction trop précoce ou trop tardive des aliments « à risque +. La meilleure fenêtre de tolérance se situerait entre 4 et 6 mois, moment optimal pour commencer la diversification alimentaire. L’allaitement maternel, quand il est possible, est toujours recommandé pour ses vertus préventives, notamment vis-à-vis de l’eczéma.

Les procédés industriels sont aussi décortiqués. Certains d’entre eux sont défavorables, augmentant le pouvoir allergène des aliments ou faisant apparaître de nouveaux allergènes. D’autres sont favorables et éliminent les allergènes : pelage des fruits, solubilisation dans l’eau (arachide bouillie plutôt que grillée), fractionnement (séparation de l’amidon et du gluten).

Pour l’information du consommateur, on s’oriente au niveau européen vers une amélioration de l’étiquetage. L’obligation d’indiquer les allergènes, déjà en vigueur pour les allergènes majeurs, sera distincte de celle de mentionner les ingrédients. Beaucoup d’efforts sont déployés pour obtenir un consensus entre scientifiques, pouvoirs publics, industriels, distributeurs et personnes allergiques.

Pour de plus amples informations, consulter :

(Institut français pour la nutrition (IFN). Symposium sur les allergies alimentaires)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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