Allergie et intolérance au lait : petit guide pour ne plus fantasmer !

lu 7159 fois

Des parents qui croient leur enfant « allergique au lait » et le nourrissent au jus de châtaigne. Des adultes qui « ne supportent plus le lait » et excluent tous les produits laitiers. Médecins pédiatres et généralistes en font le constat tous les jours : le principe de précaution mal compris existe aussi à la maison avec des risques pour la santé. Petit guide pour y voir clair.

Allergie ou intolérance ?

« Allergie et intolérance au lait : petit guide pour ne plus fantasmer ! » - Crédit photo : www.enviedebienmanger.fr L’allergie est une réaction d’hypersensibilité où le système immunitaire réagit de façon exagérée à un composant alimentaire qu’il considère à tort comme un intrus. Avec des symptômes variés cutanés, digestifs, respiratoires, voire dans les cas graves un choc anaphylactique. L’allergie alimentaire touche 2 à 3 % de la population (6 à 8 % des enfants d’âge préscolaire).

Sans être allergique, on peut aussi ressentir des symptômes gênants voire douleureux, lorsque l’on consomme certains aliments. Il peut s’agir d’une intolérance alimentaire, affection beaucoup moins grave qu’une allergie et sans aucun mécanisme immunologique impliqué.

Allergie à quoi et à quel âge ?

Chez les moins de 15 ans, l’oeuf est le premier allergène (34 % des cas). Ensuite vient l’arachide (25 % des cas). Puis, le lait (8 %) et le poisson (5 %). Chez les adultes, les allergènes d’origine végétale sont surtout en cause : fruits et légumes divers, fruits secs à coque...

Les produits laitiers sont-ils concernés ?

Il faut distinguer deux choses :

  • l’allergie aux protéines du lait de vache : généralement transitoire, elle concerne 1 à 2 % des nourrissons ;
  • l’intolérance au lactose (sucre du lait) : observée plus tard dans la vie, elle est relative et n’empêche pas la consommation de produits laitiers.

Comment évolue l’allergie aux protéines du lait ?

On remplace le lait, chez le bébé, par des substituts aux protéines très hydrolysées disponibles en pharmacie. Surtout pas de jus de soja ou de végétaux ni de laits de chèvre ou d’autres espèces animales : il y a risque d’allergies croisées ! L’allergie disparaît dans 50 % des cas avant l’âge d’un an et avant 3 ans dans 85 à 90 % des cas. A 5 ans, le problème est résolu pour la plupart des enfants. D’après une estimation américaine, 20 % de la population se croit à tort allergique au lait. Avec comme conséquence l’éviction des produits laitiers, ce qui est dommageable à tous, et encore plus aux enfants, dont la croissance et la santé sont menacées par des apports insuffisants de calcium.

Que faire face à l’intolérance au lactose ?

Due à la diminution de l’activité de la lactase, enzyme qui permet de digérer le lactose, elle se manifeste plutôt après l’âge de 5 ans. Sa fréquence est très variable selon les populations. Elle serait par exemple de 5 à 10 % chez les Européens du Nord. Aux Etats-Unis, selon une enquête récente, elle a été surestimée dans tous les groupes ethniques. Le seuil de sensibilité varie de toute manière selon les personnes : un bol de lait par jour (soit un quart de litre, contenant 12 g de lactose) peut être bien toléré par la plupart des « intolérants ». Enfin et surtout, la consommation de yaourts ou de fromages affinés pauvres en lactose ne pose aucun problème de tolérance et permet d’atteindre les trois produits laitiers/jour recommandés par le Programme national nutrition santé. (Nutrinews hebdo)

(Alimentation Nutrition. Lettre de l’ANIA n° 23 ; Conseil supérieur de la santé de Belgique. Publication n° 8513. Information Diététique, n° 3, p. 4-10. Swiss Medical Weekly, volume 139, n° 21-22, p. 300-307. European Annals of Allergy and Clinical Immunology, volume 41, n° 1, p. 3-16. Nutrition Today, volume 44, n° 5, p. 186-187.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Cela pourrait vous intéresser

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s