Allégations et confusion

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Alors que l'European food security agency (EFSA) commence à donner son avis sur les allégations nutritionnelles et de santé, aux Etats-Unis, elles sont un sujet de controverse depuis plus de deux décennies.

« Allégations et confusion » - Crédit photo : ww2.fmcoeur.ca La première allégation a vu le jour en 1984, lorsqu’un industriel s’est associé à l’Institut national contre le cancer américain afin de communiquer sur l’intérêt de céréales pour petit-déjeuner au blé complet. La Food and Drug Administration (FDA) a alors décidé de contrôler les allégations qu’elle classe en trois catégories :

  • les allégations fonctionnelles décrivant l’effet d’un nutriment sur une fonction du corps : « contribue à la santé osseuse » ;
  • les allégations nutritionnelles : « source de... », « riche en... » ;
  • les allégations « santé » impliquant qu’un nutriment a un rôle dans la prévention d’une maladie : « réduit le risque de cancer ».
Cette dernière catégorie requiert un niveau important de preuves scientifiques. En 1993, la FDA avait retenu 8 allégations « santé » pouvant être utilisées ; 7 autres ont été validées entre 1997 et 2006, suite à la demande expresse des industriels.

Toute autre allégation doit faire l’objet d’une étude de la littérature sur le sujet avant d’être autorisée. Le niveau de preuves scientifiques exigible étant difficile à déterminer, les allégations sont notées de A (le meilleur) à D en fonction du degré de confiance que l’on peut leur accorder. Des études révèlent que la confusion règne dans l’esprit des consommateurs autour de ces allégations. En 2005, sur plus de 5 600 adultes interrogés, 78 % ne comprennent pas la hiérarchisation de A à D mise en place.

Une autre étude montre que, si le bienfait du nutriment en question est bien connu du grand public (comme calcium et os), la présentation de l’allégation importe peu. En revanche, si l’allégation « santé » est peu connue (voire fictive dans l’étude réalisée), le nutriment responsable du bénéfice doit être indiqué dans l’allégation si l’on veut favoriser l’achat.

Si le but des allégations est avant tout de guider le consommateur dans un choix éclairé de ses aliments pour une meilleure santé, force est de constater qu’elles ne font bien souvent que semer la confusion dans son esprit.

(Hasler C. J Nutr 2008 ; 138 : 1216S-20S. - NUTRI-doc n°75 - octobre 2008)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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