Aliments issus du clonage : les intérêts des consommateurs honteusement ignorés

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Dans la dernière phase de négociation sur le règlement relatif aux « Nouveaux Aliments », les députés européens et les ministres, qui devaient conclure, d’ici le 30 mars, un accord sur le point d’achoppement que sont les produits alimentaires issus du clonage, ont finalement refusé toutes les propositions du Parlement européen, y compris celle d’un étiquetage obligatoire des denrées alimentaires issues des techniques de clonage.

« C’est une honte. Le choix des Européens est clair : ils ne veulent pas que le clonage soit utilisé à des fins de production alimentaire ; et pourtant il est clair qu’ils n’ont pas été écoutés. », a déclaré Monique Goyens, Directrice Générale du BEUC, le Bureau Européen des Unions de Consommateurs.

« Les produits alimentaires issus du clonage n’apportent aucun bénéfice aux consommateurs. Les intérêts des consommateurs n’ont toutefois pas fait le poids face aux inquiétudes du commerce international. Quels intérêts représentaient les ministres au juste ? », a-t-elle ajouté.

« Les études [1] montrent clairement qu’une écrasante majorité de consommateurs européens ne veulent pas que le clonage soit utilisé à des fins de production alimentaire. Nous appelons les législateurs à garder ceci en mémoire et à agir dans l’intérêt des consommateurs lorsqu’ils négocient un accord sur cette législation » avait indiqué Monique Goyens, dans un communiqué du BEUC précédent.

Le clonage n’était pas le seul sujet en jeu. Les dispositions positives de la proposition de règlement, telles que l’amélioration des procédures d’autorisation pour les aliments venus de pays tiers ou une définition sur la nanotechnologie, semblent également perdues à la suite de cet échec. Cela constitue donc un très mauvais message pour les consommateurs de voir les décideurs européens incapables de s’entendre sur des règles de protection de notre santé.

Traçabilité et étiquetage : les consommateurs ont le droit de savoir

Le BEUC insiste sur des fondamentaux minimum pour les consommateurs : la traçabilité et l’étiquetage des descendants d’animaux clonés et du matériel de reproduction (sperme et embryons de clones).

« Les consommateurs doivent pouvoir savoir et choisir la viande qu’ils mangent et le lait qu’ils boivent. Nous sommes sidérés de constater que ce droit de savoir ne coule pas de source pour certains Etats Membres. »

[1] Eurobaromètre 238, octobre 2008

Source : Alexandre Glouchkoff

SOURCE : Toute la diététique !

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