Aliments enrichis en phytostérols et phytostanols : une fin d'année contrastée

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Fin 2005, alors que certaines mutuelles annonçaient le remboursement d'aliments enrichis en phytostérols et/ou phytostanols dans un but de prévention des maladies cardiovasculaires, la revue Prescrire se penchait sur le bien fondé de la consommation de ces produits...

En résumé :

  • Le dossier d'évaluation clinique est très insuffisant pour une large commercialisation.
  • Il n'y a pas d'évaluation clinique à long terme de la consommation régulière d'aliments enrichis en phytostérols ou en phytostanols -le dossier d'évaluation clinique ne comporte aucune donnée clinique concernant la mortalité ou les accidents cardiovasculaires.
  • En pratique, les patients indemnes de trouble cardiovasculaire mais soucieux de prévention cardiovasculaire ont davantage intérêt à suivre un régime dit « méditerranéen ». Tout comme les patients avec des antécédents cardiovasculaires ischémiques et les patients diabétiques de type 2.
  • Les effets indésirables ont été peu étudiés. Les essais ont surtout porté sur des critères biologiques, et les personnes à fort risque cardiovasculaire y sont peu représentées.
  • La consommation régulière d'aliments fortement enrichis en phytostérols ou en phytostanols diminue la biodisponibilité de la vitamine E et de la vitamine A dans des essais de courte durée. Leur consommation est déconseillée aux femmes enceintes et aux jeunes enfants.
  • Des réactions rares (à type de thrombopénie ou d'anémie hémolytique) ont été décrites. Anorexie, crampes, diarrhée, constipation, réactions allergiques ont été rapportées.
  • Au cours de la sitostérolémie familiale homozygote, une affection génétique rare, les phytostérols sont absorbés en grande quantité et on observe une athérosclérose précoce. II n'est pas exclu qu'il y ait une absorption accrue des phytostérols chez certains patients, même en l'absence de sitostérolémie familiale.
  • D'éventuelles interactions avec l'absorption ou la biodisponibilité de certains médicaments n'ont pas été publiées. Mais une observation d'interaction entre antivitamine K et phytostérols a été notifiée. »
Conclusion de la revue Prescrire :

« En 2005, les données concernant les bénéfices mais aussi les risques, en particulier sur le long terme, sont insuffisantes pour recommander ces aliments, même en cas de risque cardiovasculaire élevé ».

2006 devrait peut-être nous en dire plus...

(Revue Prescrire 2005; 25 (266): 763-768.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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