Alimentation : quand les sandwichs mènent les hamburgers à la baguette

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Pas atteintes par la crise, les ventes de sandwich sont au contraire en augmentation selon plusieurs études récentes. La préférence des français, en ces temps de disette économique, va à la restauration rapide aux dépens de la restauration assise. Les tables des restaurants sont en effet désertées, surtout au moment de la pause déjeuner. Mais l'argent est-il le seul motif ? Pas si sûr, car si le porte-monnaie s'est aminci, la restauration rapide s'est également développée et offre désormais des services convenant aux attentes des français, particulièrement à la pause déjeuner.

Le casse-croûte crève le plafond

« Alimentation : quand les sandwichs mènent les hamburgers à la baguette » - Crédit photo : © Studiotouch - Fotolia.com Une croissance de 11% l’année dernière pour les ventes de sandwich, 1,8 milliards d’unités vendues en 2008 - soit près de 5 millions par jour ! Ces chiffres obèses proviennent d’une étude du cabinet Gira Conseil pour l’European Sandwich and Snack Show, le salon européen du sandwich qui s’est déroulé les 4 et 5 mars à Paris porte - bien nommée - Maillot. Concours, dégustations, innovations, l’événement faisait la part belle aux industriels du secteur, dont le marché est au beau fixe. En revanche, la restauration de table a enregistré une baisse de 15 à 20% en 2008 selon les syndicats professionnels.

Un village d’irréductibles ?

Les Français mangent... français. En effet, c’est le très classique jambon-beurre en baguette qui tient le haut de l’affiche des produits de restauration rapide. « Plus de 2,2 millions de ces jambon-beurre se vendent chaque jour en France, 830 millions d’unités chaque année », précise le Nouvel Observateur. La baguette est d’ailleurs le type de pain le plus utilisé représentant 64% des sandwichs consommés chaque année, loin devant le pain pita et ses 250 millions de kebabs avalés en 2008.

Et les Mcdo, Quick et autres chaînes de fast food n’ont pas vraiment le vent en poupe puisque comme le souligne, dans le Nouvel Observateur, Bernard Boutboul le président de Gira Conseil : « La France est le seul pays au monde où le sandwich tient tête au hamburger ». Dans les statistiques, les sandwichs s’achètent huit fois plus que les hamburgers dans l’Hexagone.

Économistes ou individualistes ?

Voilà pour les faits, mais comment expliquer cela ? Le prix est certainement le principal atout. L’AFP indique que si l’on trouve des sandwichs à trois euros en moyenne, c’est en grande surface où ils sont les moins chers (1,88 €), devant les boulangeries (2,69 €) et les cafés brasseries (3,13 €). Mais le prix n’est pas l’unique facteur du développement de l’industrie des sandwichs. « Pains et garnitures se sont diversifiés, améliorés et surtout on ne trouve pas que des produits industriels » en grande surface, indique Bernard Boutboul à l’AFP.

Un artisan boulanger donne une autre version des faits au magazine le Bien Public : « Les gens vont de moins en moins au restaurant le midi, c’est fini le temps où on prenait une pause de deux heures. Les salariés s’octroient une demi-heure, guère plus, pour manger. Et ils s’accordent du temps pour autre chose ». Un avis que confirme Christine Tartanson du cabinet d’études NPD : « Le consommateur recherche la rapidité, la praticité, d’ailleurs une fois sur quatre il achète son repas en grande surface ». Le sandwich a la frite comme le titre l’AFP.

Ces facteurs explicatifs amènent toutefois d’autres questions. En effet, le succès du sandwich résistera-t-il à la sortie de la diète financière ou finira-t-il en miettes ? Dans nos sociétés que l’on dit de plus en plus individualistes, il serait intéressant d’analyser si le sandwich relève de cette tendance ou s’il n’est, comme l’avance la grande presse, qu’un repas de crise.

(Revue de presse de la Mission Agrobiosciences d’après des articles publiés par l’AFP, Le Nouvel Observateur, Le Bien Public - 23 mars 2009.)

SOURCE : AGROBIOSCIENCES

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