Alimentation : où les Français font-ils leurs courses ?

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Ils font leurs achats moins souvent, mais dans un plus grand nombre de magasins de types différents : hyper et supermarchés, commerces spécialisés, magasins de surgelés, hard discount… La proximité est un critère de plus en plus déterminant pour les courses alimentaires des Français. Et bien sûr le prix.

En 2012, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) a renouvelé une enquête déjà menée en 2005 sur la fréquentation des différents circuits de distribution alimentaire. Les hyper et supermarchés restent les lieux d’achat les plus courus. Toutefois, la fréquentation des supermarchés stagne. Comme d’ailleurs celle des supérettes et des marchés. Elle est en hausse, par contre, pour les commerces alimentaires spécialisés comme les boucheries ou les charcuteries. Pour les magasins de surgelés et de hard discount. Et dans une moindre mesure pour les hypermarchés. Les « drives » se développent : ils attirent aujourd’hui 11 % des consommateurs. Et il y en a aussi 7 % qui font directement leurs courses sur Internet.

Au total, les consommateurs se répartissent davantage entre les différents circuits de distribution. Ils varient leurs parcours d’achat, profitent de la diversité des enseignes et des offres. Ils sont de plus en plus exigeants et zappeurs, observent les chercheurs du Crédoc… Plus près, moins cher…

La proximité est jugée déterminante par 55 % des consommateurs. Un souci pris en compte par les grandes enseignes, qui multiplient les implantations de magasins dans le centre des villes. Le deuxième grand critère est le prix. Avec une division des consommateurs en fonction de leurs revenus : selon leur profil (cf notre encadré) les uns font très attention à leur budget alimentation, les autres privilégient plutôt la qualité. En hausse : la rapidité d’achat et la présence d’un parking. Les distributeurs cherchent à rationaliser le parcours du client dans le magasin et à réduire l’attente lors du passage en caisse. En baisse dans les exigences des consommateurs : l’agrément des points de vente et l’absence de monde au moment des achats.

Des courses moins fréquentes

S’ils font leurs courses moins souvent, c’est d’abord en raison du prix élevé du ticket de caisse et du coût du déplacement. L’éloignement du domicile est une des raisons invoquées pour expliquer la baisse de fréquentation des super et hypermarchés. Les consommateurs souhaiteraient que les grandes surfaces aient des prix plus bas et permettent une plus grande rapidité des achats. Avec plus de nouveauté et un plus large choix. Cependant, les produits de marque de distributeur sont plébiscités. On les recherche plus qu’avant, et plus que les marques nationales.

Ceux qui évitent les hypermarchés évoquent leur manque d’attrait. Ceux qui évitent le hard discount expliquent qu’ils n’y trouvent pas ce qu’ils cherchent. Une « mauvaise image », qui affecte aussi les achats sur Internet ou en drive. Enfin, les consommateurs ont souvent l’impression de manquer de temps. Ce qui expliquerait, par exemple, que la fréquentation des marchés ait diminué d’un tiers en 7 ans…

Quel type d’acheteur sommes-nous ?

Les chercheurs du Crédoc distinguent cinq grandes catégories de Français en train de faire leurs courses... cinq « stratégies » différentes :

  • Il y a les « éclectiques des enseignes de proximité » du type Carrefour City, Daily Monop, Franprix, Picard et autres magasins de surgelés… Ce sont des habitants des grandes zones urbaines, plutôt diplômés et à hauts revenus. Ils vont d’une enseigne de proximité à l’autre, accordent peu d’attention au prix, beaucoup plus à la marque et à la qualité des produits. Ils sont sensibles aux garanties écologiques et à tout ce qui peut soutenir les causes humanitaires.
  • Il y a aussi les « éclectiques des commerces indépendants de proximité ». Plutôt des acheteurs masculins, vivant dans de petites agglomérations. Ils sont sensibles aux critères de qualité, beaucoup moins aux prix.
  • Une autre catégorie de consommateurs fréquente un nombre restreint de circuits de distribution, principalement les hypermarchés. Ils commandent aussi par Internet et sont adeptes des drives. Ce sont plutôt des jeunes, âgés de 25 à 35 ans, diplômés et à revenus élevés, habitant des maisons individuelles. Ils sont très sensibles aux prix, utilisent des comparateurs et ne répugnent pas aux marchandages. Les courses sont pour eux une contrainte.
  • Un quatrième groupe est constitué des « conquis du hard discount ». Un public plutôt féminin, peu diplômé et à faibles revenus. Le prix est ici considéré comme très important. La marque, les labels, les garanties d’hygiène et de sécurité importent assez peu. Les achats sont limités au strict nécessaire, sans véritables coups de tête. Il s’agit de gagner du temps et de se libérer de la corvée des courses. On trouve peu de personnes âgées de plus de 65 ans dans ce groupe.
  • Beaucoup plus de seniors par contre, de retraités et d’inactifs vivants en couple dans la catégorie des « papillonneurs ». Les courses sont pour eux une véritable activité, un plaisir et non une obligation. Ils ont le temps, le goût de choisir et fréquentent presque tous les circuits de distribution. Très sensibles aux critères de qualité, ils privilégient le made in France, la marque, les garanties écologiques, l’hygiène et la sécurité. Ils sont aussi attentifs au caractère convivial des magasins et à la fluidité de la clientèle : peu de monde et des parkings ! Leur pouvoir d’achat est généralement supérieur à la moyenne.

(Consommation & modes de vie n° 263 - Crédoc)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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