Alimentation : les pistes de l’anti-gaspi

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Alimentation : les pistes de l’anti-gaspi

La planète compte 7 milliards d’êtres humains, dont plus de 800 millions souffrent de la faim. C’est un scandale mondial, car selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), nous perdons ou gaspillons 30 à 50 % de la nourriture que nous produisons. Dans la Communauté européenne, le Parlement souhaiterait diviser par deux le gaspillage alimentaire d’ici 2025. En France, les pouvoirs publics se sont saisis du problème. Dans son rapport (*) remis au premier ministre, Guillaume Garrot, député de la Mayenne, estime que « nul ne peut se dédouaner de ses responsabilités ». Celles-ci sont multiples et courent tout au long de la chaîne alimentaire.

Dans le monde, on gaspille 1,3 milliard de tonnes d’aliments et produits alimentaires par an, soit 160 kg par an et par habitant, pour une valeur totale de 1000 milliards de dollars. En France, pour l’ensemble de la chaîne, on perd annuellement 140 kg de denrées par habitant, soit 159 € par personne, gaspi qui représente entre 12 et 20 milliards d’euros. Chacun de nous jette en moyenne chaque année entre 20 et 30 kg de nourriture, dont 7 kg encore emballée.

Même si elle n’est pas seule en cause, la responsabilité du consommateur existe. Des campagnes d’information multimédias, y compris sur les réseaux sociaux, devraient l’inciter à mieux gérer ses achats, à ne pas stocker inutilement, à respecter les modes de conservation des denrées, leur place dans le frigo, etc. Les aliments les plus gaspillés sont les fruits et légumes, les plats préparés et les produits de boulangerie. Le consommateur devrait aussi tenir compte des dates limites de consommation, qui mériteraient pour leur part d’être plus compréhensibles et de ne pas être noyées dans un flux d’informations.

En amont, le souci de l’alimentation durable devrait s’acquérir dès l’école, à tous les niveaux du processus éducatif, et durant toute la vie !

Tous les acteurs de la chaîne alimentaire sont concernés

Il devrait aussi concerner tous les acteurs de la chaîne. Les producteurs, qu’il faudrait aider à limiter, voire à transformer les surplus. Les professionnels de la restauration commerciale et collective, appelés à bénéficier d’une formation anti-gaspi, à mieux étudier les portions, à proposer des doggy-bags...

La grande distribution bien sûr, dont l’engagement est appelé à se renforcer. Elle participe pour 30 % aux dons alimentaires en France, soit 120 millions de repas distribués chaque année. Mais elle est appelée à faire mieux encore. Par une meilleure gestion des commandes et des stocks. En refusant aussi toute pratique de dégradation des denrées alimentaires comme la javellisation. En créant des rayons spécifiques anti-gaspi, destinés à mettre en valeur et à vendre les produits proches de la date limite de consommation. En apposant des infos anti-gaspi sur les produits et supports publicitaires. En adaptant la taille des contenants, des emballages et des portions à la demande du consommateur. En explorant toutes les possibilités de transformer les produits non vendus encore consommables...

Un mouvement se dessine aujourd’hui pour rendre de la valeur aux aliments et aux produits alimentaires. Une valeur nutritionnelle, écrit Guillaume Garrot dans son rapport, mais aussi une valeur patrimoniale et culturelle. Valeur du travail et du savoir-faire. Valeur des ressources qui servent à produire l’aliment et qu’il faut préserver. C’est en faisant vivre toutes ces valeurs qu’il pourrait devenir possible de nourrir le monde entier... et les générations futures !

(*) « Lutte contre le gaspillage alimentaire : propositions pour une politique publique ».

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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