Alimentation et maladies chroniques

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Alimentation et maladies chroniques

De plus en plus de médecins et d'experts en nutrition estiment que l'alimentation joue un rôle primordial dans la santé. La plupart des maladies sont directement concernées, et notamment les maladies chroniques. L'obésité et le diabète pour ne citer que ces maux-là, sont par exemple et sans contestation possible directement liés à l'alimentation. Mais c'est aussi le cas de nombreuses maladies digestives et des maladies cardio-vasculaires.

Ainsi par exemple, l'étude de Lyon menée par le Dr Michel de Lorgeril a démontré, il y a déjà un moment, le lien direct qui existe entre la récidive des maladies cardio-vasculaires et l'alimentation.

Plus intéressant encore, des maladies comme l'autisme peuvent être soignées avec des résultats très convaincants grâce à l'alimentation. C'est par exemple ce qu'a démontré le Dr Natasha Campbell avec son régime GAPS qui aide considérablement les familles concernées, même s'il ne s'agit pas de la seule voie d'accompagnement de l'autisme, maladie complexe s'il en est.

Même les maladies aiguës, en particulier infectieuses, peuvent avoir un lien direct avec l’alimentation. En effet, c’est la qualité du terrain, déterminée entre autres choses par l’alimentation qui permet de résister, ou d’éviter les maladies infectieuses. Selon le Professeur Luc Montagnier, c’est vrai pour le sida également. Selon lui la transmission de cette maladie serait bien plus faible en Afrique si les populations concernées avaient accès à une alimentation d’une meilleure qualité. Il considère en effet que l’on peut être exposé de nombreuses fois au virus du sida sans contracter la maladie pourvu que le corps soit en mesure de se débarrasser du virus.

Naturellement, tous les scientifiques ne sont pas d’accord avec cette affirmation. Mais venant d’un médecin ayant reçu le Prix Nobel pour ses recherches sur le sida, elle mérite tout de même d’être prise au sérieux.

C’est d’autant plus vrai, que le regard porté par les scientifiques et les institutions sur l’alimentation a changé ces dernières années et les thèses des pionniers comme le Dr Catherine Kousmine dans les années 50, ou celles du Dr Jean Seignalet, et plus récemment du Dr David Servan-Schreiber ne sont plus ni regardées comme déviantes ou négligeables comme cela a longtemps été le cas.

Notre alimentation et notre mode de vie ont un rôle déterminant sur les maladies que nous développons y compris les cancers.

Cela passe par le choix des aliments que nous mangeons, la manière que nous avons de les mastiquer, et de les ingérer, comment ils ont été produits et récoltés et s’ils ont été transformés. A cela s’ajoute encore la question des interactions qui peuvent exister entre les aliments, voire entre aliments et médicaments lorsque l’on en prend.

C’est ainsi que le repas, acte convivial par excellence, est devenu un sujet de débat animé entre scientifiques et un vrai casse-tête chinois pour les maîtres et maîtresses de maison qui veulent faire plaisir à leurs invités, tout en gardant tout le monde en bonne santé !

Le débat sur l’alimentation a donc évolué. Plus personne ne doute aujourd’hui de son importance. La question, comme toujours, est de savoir qui a raison ? Et surtout que faut-il faire ?

Si les débats sont si intenses dans le domaine c’est parce qu’il n’est pas facile de mesurer précisément les effets de tel ou tel aliment et qu’à trop vouloir les mesurer, on risquerait de favoriser certains excès. Dans l’une de ses conférences, le Pr Henri Joyeux, évoque une personne dont la peau avait terriblement bruni. Elle avalait des kilos de carottes pour bénéficier de la vitamine A ! Mais un régime à base de carottes, s’il est bon pour les lapins, ne nous convient pas !

Les autorités de santé utilisent l’expression d’alimentation variée et équilibrée. L’ennui c’est que cela ne nous aide pas beaucoup pour poser des choix ! Et qu’à prendre un peu de tout sans distinguer ce qui est bon, mauvais ou adapté n’est pas sans risque.

Ce n’est jamais si facile du reste puisque ce qui est bon pour l’un, ne l’est pas nécessairement pour l’autre, ce qui hier au temps où vous courriez tout le matin avec votre chien avait du sens, aujourd’hui en a peut-être moins puisque vous n’avez plus le temps pour que pour une courte promenade digestive…

Et puis, on entend tout et son contraire, on ne partage pas tous les mêmes envies et nous n’avons pas tous les mêmes besoins ! Alors comment faire ?

Quelques pistes pour changer d’alimentation

Mais il n’y a pas lieu de se décourager. En réalité, le chemin de la bonne alimentation redonne goût à la vie et permet de retrouver la forme. C’est un chemin de vie. Adopter une diète saine nécessite d’être à l’écoute de ses besoins. Si vous le faites déjà, vous savez que cette démarche vous pousse à poser des choix. Elle vous permet de découvrir des recettes innovantes, d’être à l’affût d’informations nouvelles. Ainsi, votre curiosité grandit, vos connaissances aussi. Votre entourage s’en aperçoit et vous consulte. Tout le monde vous demande vos secrets. Cela permet d’échanger, d’être à l’écoute des autres.

Dès lors, la démarche du changement est lancée car vous améliorez votre rapport au stress, vos relations avec les autres et plus généralement votre mode de vie. Vous rentrez dans un engrenage positif, qui vous permet de vous remettre en cause régulièrement et de vous adapter à votre évolution et à celle de vos connaissances.

Evidemment tout cela se fait avec des hauts et des bas, des découragements, des surprises et peut être de la suspicion de la part de votre entourage. Mais le bien-être que vous avez vous aide à dépasser ces écueils et même lorsque vous chutez (aïe une fringale !), vous ne retombez jamais aussi bas que de là où vous êtes parti(e).

Vous direz que c’est une utopie. Et pourtant regardez ceux qui autour de vous ont fait ces choix-là. Regardez le joueur de tennis Novak Djokovic qui s’est mis à l’alimentation sans gluten. L’ont-ils regretté ? Voici trois pistes de réflexion sur le sujet, en espérant qu’elles pourront compléter vos lectures et recherches habituelles.

Ecouter son corps

Ainsi que l’expliquent les psychologues qui pratiquent la logique émotionnelle, être à l’écoute de son corps est important pour la santé. C’est vrai pour les émotions, comme pour la nourriture. Les tout-petits nous le montrent : « Dans une crèche, les puéricultrices, lassées de se battre avec les enfants pour qu’ils mangent de tout, avaient pris le risque d’écouter leur appétit. Elles les avaient autorisés à se servir eux-mêmes du plat proposé, sans les inciter et encore moins les forcer. La seule règle étant de finir ce qu’ils avaient mis dans leur assiette, avec la possibilité de se resservir. Les premiers temps furent éprouvants, puis les petits âgés de deux à trois ans, s’habituèrent, et elles furent agréablement surprises de les voir goûter volontiers aux nouveautés, se servant de toutes petites quantités, quitte à y revenir ensuite. » Et de conclure : « nous possédons en nous le matériel qui nous aide à conserver notre équilibre dans un monde changeant en permanence ».

C’est exactement, ce que les nutritionnistes vous proposent de faire en cas de syndrome de l’intestin irritable. Ils incitent à suivre la diète FODMAPS (créé par l’australienne Sue Shepard) qui supprime un nombre important d’aliments pendant plusieurs semaines. En général, on commence par éliminer tous les aliments de la liste, puis on les rétablit petit à petit. Cela permet de voir ce qui est bon ou non pour le corps. De même avec la sensibilité au gluten, on peut procéder en éliminant tous les aliments contenant du gluten avant de les réintroduire un par un et d’identifier ceux qui ont une incidence négative.

Eviter le sucre

Parmi les priorités données par le Dr Eric Ménat dans ses livres et conférences, on retrouve le danger du sucre.

Si pendant des années, on s’est méfié des graisses, il estime que les glucides sont bien plus nuisibles. Pourtant, le sucre est indispensable au bon fonctionnement du cerveau. Mais nous en faisons une consommation excessive à travers les sodas, les céréales, le pain blanc, les pâtes, les viennoiseries, la pâtisserie, les pizzas, les glaces, les pommes de terre, le sucre dans le lait (lactose) etc.

L’inconvénient du sucre est qu’il se cache partout et que nous n’avons pas toujours conscience d’en manger notamment avec les sucres lents qui n’ont rien de lents et qui sont en réalité une bombe à retardement. Deux choses sont importantes à savoir avoir le sucre. D’une part, le corps le transforme en graisse lorsqu’il est en excès, d’autre part il favorise le développement des cancers. En effet les cellules cancéreuses se nourrissent de glucose, qui pris en excès, provoque une surproduction d’insuline. Or cette dernière favorise le développement du cancer.

Enfin, le sucre possède un dernier inconvénient révélé par des études d’addictologie faites sur les rats : c’est une drogue puissante ! S’en sevrer trop vite n’est pas forcément anodin. Retirer le sucre de son alimentation peut donc nécessiter l’accompagnement d’un nutritionniste, ou d’un psy (qui a des notions en nutrition).

Utiliser la bonne cuisson

C’est le cheval de bataille de Marion Kaplan et de Christine Bouguet-Joyeux. En effet, la cuisson à la vapeur telle qu’elle est pratiquée par les Chinois par exemple permet de conserver la plupart des nutriments des aliments sans les transformer. A l’inverse, des cuissons plus agressives comme le barbecue, ou au four à haute température, peuvent brûler les aliments, qui se caramélisent (créant du sucre au passage) et finissent par créer des molécules toxiques et cancérigènes.

Une fois de plus, c’est une question de proportion, personne ne contracte un cancer à cause d’une viande grillée prise à l’occasion de l’anniversaire d’un ami ! Mais l’habitude de cuire à basse température (moins de 120 degrés) est conseillée pour tous ceux qui veulent protéger leur santé.

Ces pistes ne sont naturellement qu’un début. Pour aller plus loin, rendez-vous au 2ème Congrès International de Santé Naturelle les 1er et 2 octobre 2016 au Parc Floral de Paris.

SOURCE : Institut pour la Protection de la Santé Naturelle

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