Alimentation et cancer : où en est-on ?

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L’incidence des cancers a augmenté depuis une trentaine d’années. En 2005, il y a eu 320.000 nouveaux cas de cancer (180.000 chez les hommes, 140.000 chez les femmes). La nutrition n’est pas seule en cause, mais c’est un facteur sur lequel il est possible d’agir, collectivement et individuellement, comme le souhaite le Programme National Nutrition Santé.

Comment peut-on établir le rôle de l’alimentation dans la survenue des cancers et évaluer sa responsabilité par rapport au reste de l’environnement ou à la génétique ?

« Alimentation et cancer : où en est-on ? » - Crédit photo : www.fmrc.fr Depuis près de 40 ans, de très nombreux travaux ont cherché à identifier et à préciser le rôle de certains facteurs nutritionnels susceptibles d’intervenir en tant que facteurs de risque, ou au contraire de protection, dans le développement des cancers. Il s’agit de travaux sur modèles cellulaires ou animaux, mais aussi chez l’homme sain ou malade, ou bien à l’échelle des populations.

Le rapport du World Cancer Research Fund (WCRF) et de l’American Institute for Cancer Research (AICR) publié fin 2007 est un document de référence qui fait le point des connaissances dans le domaine des relations entre nutrition et cancer. Evaluer le rôle de l’alimentation par rapport à d’autres facteurs de risque dans la survenue des cancers est un travail épidémiologique délicat pour lequel des données actualisées seraient nécessaires.

Quels sont les aliments susceptibles d’augmenter le risque de cancer ?

Les boissons alcoolisées augmentent le risque de cancer de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’oesophage, du côlon, du rectum, du sein et du foie. Significatif à partir d’un verre par jour, le risque augmente avec la quantité globale d’alcool absorbé. Le sel et les aliments salés peuvent augmenter le risque de cancer de l’estomac. L’excès de viandes rouges et de charcuteries augmente le risque de cancer colorectal. Pour chacun de ces facteurs nutritionnels identifiés, ce n’est pas l’aliment lui-même, mais sa consommation excessive qui est en cause.

Le surpoids et l'obésité sont aussi associés à un risque plus important de plusieurs cancers : oesophage, endomètre, rein, côlon-rectum, pancréas, sein (après la ménopause) et vésicule biliaire, alors que le surpoids touche environ 1/3 de la population adulte en France et l’obésité 15%.

Y a-t-il au contraire des aliments potentiellement « protecteurs » vis-à-vis des cancers ?

On cite couramment les fruits et légumes, qui pourraient diminuer le risque de cancer de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’oesophage et de l’estomac. Les fruits pourraient aussi diminuer le risque de cancer du poumon. Il faut y ajouter le rôle bénéfique de l’activité physique visà- vis du risque de cancer du côlon, du sein (après la ménopause) et de l’endomètre. On estime que la protection s’exerce dès 30 minutes d’activité physique modérée 5 jours par semaine ou 20 minutes d’activité physique intensive 3 jours par semaine.

Enfin, l’allaitement maternel, en progrès mais encore insuffisamment pratiqué en France, est un facteur de protection contre le cancer du sein.

Avec la lutte contre le tabac, l’alcool et la sédentarité, une alimentation équilibrée suivant les repères du PNNS (chaque jour 3 produits laitiers, 5 fruits et légumes et 1 à 2 portions de viande, poisson, oeufs ; des féculents à chaque repas, en modérant la consommation de "gras, sucré, salé") peut contribuer à la baisse de l’incidence des cancers.

Pour de plus amples informations, consulter "Cancer : le point sur les facteurs de risques et de protection reconnus".

(Interview du Pr dominique Maraninchi, président de l’institut national du cancer (INCA))

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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