Alimentation et autisme : pas de lien

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Les pédiatres tirent la sonnette d'alarme. De plus en plus de parents d'enfants autistes placent tous leurs espoirs dans des régimes alimentaires reposant sur l'exclusion du gluten et de la caséine. Un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) met en garde les familles : ces régimes sont inefficaces et ils peuvent être dangereux. Il n'y a aujourd'hui aucune raison médicale de les encourager.

« Alimentation et autisme : pas de lien » - Crédit photo : www.techno-science.net Inquiets de voir un nombre croissant de familles d’enfants autistes disposées à recourir à des régimes alimentaires restrictifs, ce sont les pédiatres du Groupe francophone de gastro-entérologie et de nutrition pédiatriques qui ont demandé l’avis d’un groupe d’experts de l’AFSSA. Ces régimes en effet n’y vont pas de main morte ! Ils excluent deux catégories importantes d’aliments : celles qui contiennent des protéines de blé et d’autres céréales, celles qui contiennent des protéines du lait de vache. Ils imposent des contraintes importantes, qui compliquent la vie sociale des enfants. Ils demandent des compléments alimentaires et des substituts coûteux…

Pour quelle efficacité ? Sur 9 études recensées par les experts de l’AFSSA, une seule a été conduite selon des critères acceptables et peut être prise en considération. Elle ne montre aucune influence du régime sur les symptômes de l’autisme ! Pour l’AFSSA, « les données scientifiques actuelles ne permettent pas de conclure à un effet bénéfique du régime sans gluten et sans caséine sur l’évolution de l’autisme. »

L’enquête des parents se comprend. L’autisme est une maladie grave, qui affecte le développement psychique et cognitif, entraîne une désorganisation des moyens de communication de l’enfant avec son entourage. Malheureusement, son origine reste inconnue et les spécialistes recommandent d’utiliser le mot « traitement » avec prudence…

L’idée d’un « régime » est née dans le but d’obtenir une action favorable en éliminant de l’alimentation certains peptides opioïdes. Les experts contredisent aujourd’hui cette hypothèse :

  1. Le régime alimentaire n’élimine pas ces peptides : pour y parvenir, il faudrait quasiment exclure tous les aliments, y compris le lait maternel !
  2. Ces peptides ne sont pas en quantités plus importantes chez les enfants autistes que chez les autres.
  3. Il n’y a par ailleurs aucune efficacité des médicaments anti-opiacés contre l’autisme !

Il est enfin impossible d’affirmer que les régimes restrictifs n’auraient pas de conséquences néfastes à court, moyen et long terme. Sans parler de ses retentissements sur la vie sociale des enfants, une alimentation sans caséine et sans gluten peut avoir des conséquences nutritionnelles défavorables. Entraîner des carences, notamment en calcium, et retentir gravement sur la croissance et sur la santé. La conclusion des spécialistes est sans appel : il n’y a aucune raison d’encourager ce type de régime.

("Efficacité et innocuité des régimes sans gluten et sans caséine proposés à des enfants présentant des troubles envahissants du développement (autisme et syndromes apparentés)" disponible sur le site de l’AFSSA)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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