Alimentation économique et équilibrée en pratique

lu 11656 fois

Les enquêtes montrent - et les professionnels de terrain le confirment - que les populations défavorisées ne consomment pas assez de produits frais comme les fruits et légumes ou les produits laitiers.

Pas assez de produits frais dans l’alimentation quotidienne

Pour ces populations, l’objectif est de manger suffisamment pour ne pas avoir faim, tout en privilégiant les aliments les moins chers. "Je suis frappée de voir les quantités de pâtes que les mamans font cuire pour leur famille. Un plat de pâte pour 3 personnes, c’est 1kg cru" raconte Mme Crochu, conseillère en économie sociale et familiale à Châtellerault-Sud. "En fait, les mamans ne travaillent pas, se lèvent tard et ne font pas de vrais repas de midi. Les maris travaillent dur et ont faim le soir. Du coup, toute la famille s’adapte à ce rythme et les portions du dîner en féculents sont impressionnantes".

Même constat pour Nathalie Colas, conseillère en Economie sociale et familiale au Centre Communal d’action Sociale de la ville de Creil qui a décidé de mettre en place des ateliers de cuisine. "Les personnes qui viennent à l’épicerie sociale ne font pas attention à ce qu’elles mangent. Leur budget est restreint (150 euros maximum de crédit par mois pour l’épicerie sociale). Le seul souci est de se remplir l’estomac avec des féculents et parfois un peu de viande. Les fruits et légumes sont consommés exceptionnellement. Il en de même pour les produits laitiers."

Cuisiner soi-même quand c’est possible

Si, globalement, le repas traditionnel se porte bien en France, seulement 60 % des foyers en difficultés économiques se réunissent autour de la table familiale pour le repa. Les enquêtes montrent aussi une tendance à la diminution du temps passé à la cuisine pour la préparation des repas. De 60 minutes en 1988, il est passé à 44 minutes, pour la population en générale. Concernant les populations en difficultés économiques , il n’existe pas de données sur ce point précis. Mais selon les témoignages convergents des professionnels, il semble que ces populations passent de moins en moins de temps à la cuisine, même si la mère ne travaille pas.

Vivre dans des conditions précaires, avec des difficultés d’emploi, des tensions au sein du foyer, des problèmes de sur-endettement et des soucis quotidiens trop lourds n’incitent évidemment pas à cuisiner et à acheter en conséquence.

Nicole Leguay du Secours Catholique de Lanvallais Dinan essaie pourtant de senbiliser les personnes qu’elle rencontre à l’intérêt de cuisiner "certaines personnes ont compris que cela coûtait moins cher de cuisiner et que pour gérer son budget il fallait faire les courses le ventre plein et ne pas regarder les prix qu’à hauteur des yeux".

Les plats cuisinés, souvent plus chers, restent très utiles en dépannage. Mais en faire une utilisation quotidienne pèse lourd dans le budget. Les plats tout prêts sont aussi un peu plus gras et plus salés que ceux "faits maison". Les carottes râpées prêtes à consommer, par exemple, sont 10 fois plus chères que les carottes vendues en vrac non épluchées.

Pour Dominique Bellec , conseillère ESF à Angers, qui à monté un réseau d’échange de recettes de cuisines pour apprendre à manger équilibré à moindre coût, "cuisiner soi-même est un peu plus économique. Les gens essaient d’intégrer des principes d’équilibre alimentaire, certains consomment des plats comme des potages de légumes au lait par exemple".

Les recettes à base de lait et produits laitiers peuvent aider à manger plus de légumes

Les foyers en situations précaires ne consomment pas assez de fruits et légumes et restent éloignés des recommandations de "cinq fruits et légumes par jour". Le manque de connaissances pour les préparer est souvent évoqué. Dans les Jardins Collectifs, les bénéficiaires toujours motivés par la culture et la récolte repartent rarement avec les légumes qu’ils ont fait pousser, car ils ne savent pas quoi en faire.

Cuisiner les légumes n’est pas aussi simple qu’on le pense. Courgettes, carottes ou brocolis cuits à l’eau ou à la vapeur tout comme haricots verts, bettes ou épinards sont des plats recommandés sur le plan diététique mais ne sont pas toujours au goût de tous. On leur reproche de ne pas être assez nourrissants et de ne pas remplir l’estomac.

Les recettes à base de lait auxquelles on ajoute des légumes sont des plats simples, écono-miques et équilibrés. L’astuce est de penser à ajouter des légumes à une recette qui n’en contenait pas. Par exemple :

  • Tomates ou courgettes dans la quiche
  • Brocolis, courgettes ou épinards dans un gratin de pâtes à la béchamel
  • Épinards dans le soufflé
  • Carottes dans la purée de pommes de terre
  • Soupes de légumes (poireaux, carottes, navets, pommes de terre…) auxquelles on ajoute les restes de légumes (épinards, courgettes, salade verte ou haricots verts …) avec du lait ou de la crème fraîche.

Une façon de retrouver le goût des légumes et l’envie d’en consommer davantage...

Trois produits laitiers par jour : du calcium à moindre coût

C’est l’une des recommandations du guide du PNNS, La santé vient en mangeant : "Tous les membres de la famille devraient consommer trois produits laitiers par jour, aux repas ou entre les repas. La variété des produits laitiers peut satisfaire tous les goûts.

Lait nature à boire ou à intégrer dans une recette salée ou sucrée (sauce béchamel, purée de légumes, flan…). Les préparations à base de lait ou d’emmental sont de très bonnes solutions pour apporter du calcium à moindre coût.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s