Alimentation des personnes âgées : beaucoup de progrès restent à faire

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L’amélioration de l'alimentation des personnes âgées, assurée de façon croissante par des tiers, vient d'être récemment inscrite parmi les objectifs du Programme national pour l’alimentation (PNA) et du Programme national nutrition santé (PNNS 3). Dans ce cadre, la Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie (CCLV) publie une enquête réalisée auprès de 1400 personnes âgées résidant en maisons de retraite ou clientes d’un service de portage de repas afin de recueillir leur avis sur la qualité de leur alimentation.

Pour la CLCV, donner aux seniors la possibilité de s’exprimer en tant que consommateurs et usagers d’un service sur sa qualité est essentiel. En effet, les personnes âgées se trouvent fréquemment dans des situations de vulnérabilité physique ou psychologique qui les dissuadent d’exprimer directement leurs attentes ou leur insatisfaction aux professionnels dont elles sont devenues dépendantes. A cela s’ajoute le fait que, dans une maison de retraite donnée, il n’y a pas d’alternative au service de restauration de l’établissement, les résidents se trouvant ainsi dans une situation de consommateurs captifs. S’agissant des services de portage de repas, il n’est pas toujours possible de mettre en concurrence plusieurs services dans une localité donnée.

Malgré des insuffisances et des attentes récurrentes chez plus de 80% des interrogés, les résultats sont globalement positifs avec des taux de satisfaction élevés sur le goût et les quantités servies. Néanmoins, l'enquête, cofinancée par la Direction Générale de l’Alimentation du Ministère de l'agriculture, met en lumière un certain nombre de points problématiques :

  • Le menu unique est trop souvent la règle;
  • en maison de retraite le réchauffage des plats est souvent inadapté ce qui affecte la qualité ;
  • l’assaisonnement, et notamment la quantité de sel, sont jugés insuffisants, ce qui peut amener à une perte d’appétit et selon de nombreux gériatres contribuerait au risque de dénutrition ;
  • l’alimentation dans les maisons de retraite rattachées à des hôpitaux est moins bien perçue, résultat qui peut s’expliquer par la qualité très médiocre de l’alimentation dans bon nombre d’hôpitaux ;
  • la viande est souvent considérée comme trop dure et trop fréquemment cuisinée en sauce au détriment d’autres types de préparation (viande rouge notamment).

Globalement, les convives des maisons de retraite, tout comme les usagers des services de portage de repas, paraissent très peu associés aux choix concernant la restauration. Ils sont d’ailleurs mal informés quant à la provenance des repas qu’on leur sert.

En maisons de retraite, 55% des convives ne sont pas consultés sur la qualité des repas et 44% considèrent que leurs demandes éventuelles ne sont pas prises en compte. La situation paraît encore plus dégradée dans les services de portage. Ainsi, 63% des sondés indiquent que les professionnels chargés de la livraison des repas ne se préoccupent que très rarement, voire jamais, de savoir s’ils mangent ou non les repas livrés.

Avec un prix moyen facturé de 7,6 euros par repas livré, le recours à un service de portage de repas représente un coût élevé. Pour de nombreux ménages à la retraite, 4 à 5 repas livrés par semaine représentent à eux seuls environ 10% du budget, un pourcentage très important quand on sait que d’après l’Insee l’ensemble de l’alimentation pèse en moyenne 11,3% du budget des ménages. Nous avons pu constater qu’un nombre important de services de portage (50% de notre échantillon) sont en situation de monopole sur leur zone, ce qui est évidemment défavorable au consommateur en termes de rapport qualité/prix.

La CLCV propose la mise en place de label garantissant la qualité des repas et du service tant en maisons de retraite que dans les services de portage de repas. Ce label devrait notamment inclure une consultation semestrielle des personnes âgées sur la qualité des repas et sur leurs attentes.

Pour en savoir plus, consulter les résultats complets de l'enquête.

SOURCE : CLCV

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