Alcool : l'Inpes contre les idées reçues

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Si la consommation d'alcool des Français est en constante diminution, la france se situe parmi les pays les plus consommateurs (11ème rang mondial), avec 5 millions de buveurs excessifs. les dangers liés à l'alcool sont toujours minorés et son usage banalisé. Face à ce constat, le ministère de la santé et des solidarités et l'INPES lancent, pour la deuxième années consécutive, une campagne d'information radio.

Du 26 mars au 15 avril, la campagne reprend trois des cinq spots radio diffusés en 2006. L’objectif : débanaliser la consommation d’alcool en bousculant les idées reçues les plus répandues. Elle rappelle également les seuils de consommation à risque définis par les experts internationaux et l’OMS, soit deux verres maximum par jour pour les femmes et trois pour les hommes. La campagne vise plus particulièrement ces derniers. En effet, l’alcool est à l’origine de 14 % des décès masculins (1 homme sur 7), contre 3 % des décès féminins (1 femme sur 33).

Ainsi, dans un cadre de consommation classique (entre amis dans un bar, à l’occasion d’un apéritif, d’un déjeuner professionnel, ou encore d’un repas en famille), les spots radio se font les indiscrets d’une conversation où se glisse une idée reçue sur l’alcool :

  • Je ne bois jamais d’alcool fort
  • Je tiens bien l’alcool, je ne suis jamais ivre
  • Quand je fais des excès, le lendemain, c’est oublié
Une voix off dément alors l’idée reçue, rappelle les seuils de consommation à risque et les dangers pour la santé.

Enfin, elle oriente l’auditeur vers les professionnels de santé, également sensibilisés. En effet, l’Inpes incite les médecins à pratiquer le repérage et le suivi des buveurs à risque.

Il met à leur disposition plusieurs outils, le dépliant Alcool : votre corps se souvient de tout, le kit Alcool : Ouvrons le dialogue, ou encore Repères pour votre pratique : Intervention auprès des consommateurs excessifs d’alcool. Gratuits et disponibles en ligne, ces supports permettent aux professionnels d’aborder plus facilement la question de l’alcool avec leurs patients. En outre, ils ont été informés, dès la fin du mois dernier, du lancement de la campagne radio et de la mise en ligne du site www.drogues-dependance.fr via la presse médicale.

Des disparités hommes-femmes : durant les douze mois précédant l’enquête, 20,3 % des hommes ont consommé de l’alcool tous les jours, contre 7,3 % des femmes. Lors de leur dernière consommation, ils ont bu en moyenne 2,6 verres (1,8 pour les femmes). Par ailleurs, sur la même période, la proportion d’ivresse est trois fois plus élevée parmi les hommes avec un taux de 21,6 %, contre 7,5 % pour les femmes. Elle culmine à 48,3 % pour les hommes de 20 à 25 ans [1].

Des modes de consommation banals : la veille de l’enquête, 18,1 % des hommes et 5,7 % des femmes ont dépassé les seuils de consommation à risque. Les occasions de boire excessivement sont assez ordinaires. Il s’agit essentiellement du déjeuner, du dîner et de l’apéritif du soir. Le plus souvent, cette consommation excessive ne correspond pas à des habitudes festives de nuit [2].

De nombreux risques : une consommation excessive d’alcool expose à de nombreux risques médicaux, psychiques et sociaux. L’alcool est ainsi la 2e cause de mortalité évitable après le tabac. En France, la surmortalité liée à l’alcool est de 30 % supérieure à la moyenne européenne. Un décès par cancer sur neuf lui est imputable [3]. L’alcool favorise l’apparition de maladies cardio-vasculaires, respiratoires ou encore digestives et de certains troubles mentaux. Il serait impliqué dans 28,6 % des accidents de la route mortels [4], 50 % des rixes, 50 à 60 % des actes de criminalité, 20 % des délits [5] et 10 à 20 % des accidents du travail.

Références

  1. Baromètre santé 2005.
  2. Baromètre santé nutrition 2002.
  3. Hill C., Alcool et risque de cancer, Actualités et dossier en santé publique n° 30. La documentation française, mars 2000.
  4. Laumon B., Gadegbeku B., Martin J.-L., Stupéfiants et accidents mortels de la circulation routière (Projet SAM), Partie III : analyse épidémiologique. Paris : OFDT éd., 2005.
  5. D’après une étude canadienne citée dans Inserm. Expertise Collective Alcool. Dommages sociaux, abus et dépendance. Paris, février 2003

SOURCE : INPES

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