Alcool et grossesse : mise en place des messages sanitaires d'avertissement incitant à ne pas boire

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Un message sur les paquets de cigarettes sensibilise déjà la population aux effets néfastes du tabac sur le bébé. C'est au tour de l'alcool de faire l'objet d'une telle disposition : l'exposition prénatale à l'alcool représente en effet la première cause non génétique de handicap mental chez l'enfant. Ainsi, la phrase « la consommation d'alcool pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l'enfant », ou le pictogramme ci-dessous, feront leur apparition ce mercredi 3 octobre sur toutes les bouteilles de boissons alcoolisées, selon l'arrêté ministériel du 2 octobre 2006.

« Zéro alcool pendant la grossesse »Ces messages viennent compléter une série de dispositions dont l’objectif est d’améliorer l’information sur les risques liés à la consommation d’alcool pendant la grossesse : campagnes de sensibilisation, séances d’information au collège et au lycée, formation des professionnels de santé et du secteur médico-social, information sur ce thème dans les carnets de maternité, etc.

L’arrêté publié en octobre 2006 au Journal officiel précisant les modalités d’application de cette mesure, prévoyait que les produits non conformes pouvaient être commercialisés jusqu’à écoulement des stocks, à condition d’avoir été mis sur le marché ou étiquetés avant le 3 octobre 2007.

Afin de faire connaître ces messages sanitaires, le ministère de la Santé et des Solidarités et l’INPES lancent à cette occasion une nouvelle campagne dans les médias, jusqu’en décembre, pour informer les femmes enceintes mais également le grand public et les professionnels de santé de la mise en place de ce message sanitaire sur tous les conditionnements d’alcool.

L’alcool : un produit toxique pour le foetus à tout moment de la grossesse

Une consommation, même ponctuelle ou modérée, d’alcool pendant la grossesse n’est pas anodine et peut entraîner des risques importants pour l’enfant à naître. L’alcool agit sur l’embryon et le foetus, notamment sur son système nerveux et son cerveau. L’alcool passe du sang maternel vers le sang du foetus, au travers du placenta. Lorsqu’une femme enceinte boit un verre, il y a donc rapidement autant d’alcool dans le sang de son bébé que dans le sien, voire même davantage compte tenu du poids du foetus et du fait que son foie n’est pas assez fonctionnel pour l’éliminer correctement. Les effets de l’alcool sur le système nerveux central du foetus peuvent être très néfastes.

Ainsi, tout au long de la grossesse, l’alcool agit directement sur le cerveau du foetus en développement. L’alcool est un toxique extrêmement puissant au niveau du cortex cérébral. Dans ces conditions, quel que soit le moment de l’alcoolisation de la femme enceinte, le risque d’atteinte des fonctions cérébrales reste très élevé. En outre une consommation d’alcool importante pendant les trois premiers mois peut produire des malformations irréversibles chez le bébé.

Les effets de l’alcool sur le foetus sont nombreux. Dès lors, une consommation quotidienne d’alcool, même très faible, ou des ivresses épisodiques pendant la grossesse sont susceptibles d’entraîner des complications durant la grossesse (retard de croissance du foetus, accouchement prématuré) ainsi que des troubles psychiques ou du comportement chez l’enfant exposé, tels que les troubles d’apprentissages, de la mémorisation, de l’abstraction, de l’attention...

Le syndrome d’alcoolisation foetale (SAF) constitue l’atteinte la plus grave de l’exposition prénatale à l’alcool. Il se manifeste notamment par :

  • des anomalies faciales ;
  • des retards de croissance ;
  • une malformation de la boîte crânienne et de l’encéphale ainsi que des troubles nerveux ;
  • des dommages du système nerveux central qui peuvent se traduire par un retard du développement, des déficits intellectuels et des troubles de l’apprentissage, une hyperactivité, des troubles de l’attention et/ou de la mémoire, une incapacité à contrôler sa colère, des difficultés à résoudre des problèmes.
D’après l’Expertise collective de l’Inserm intitulée « Alcool, effets sur la santé » (2001), 700 à 3 000 enfants, sur les 750 000 naissances annuelles, seraient concernés par un SAF grave, avec une incidence observée plus élevée sur l’île de la Réunion, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Bretagne.

L’alcoolisation foetale est la première cause non génétique de handicap mental chez l’enfant. Ainsi, en vertu du principe de précaution, il est recommandé aux femmes enceintes de s’abstenir de toute consommation d’alcool dès le début de leur grossesse et pendant toute sa durée. Cette recommandation vaut pour toutes les occasions de consommation, qu’elles soient quotidiennes ou ponctuelles, même festives.

(Évolutions n° 3 - Actualités Alcool n°29 - Communiqué et Dossier de presse INPES)

Source : Alexandre Glouchkoff, Diététicien - Nutritionniste

SOURCE : Toute la diététique !

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