Alcool et cancer : similitude entre boire et fumer ?

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Des recherches menées par une équipe de scientifiques du Centre for Addiction and Mental Health (Canada), éclairent le lien entre consommation d'alcool et risque de cancers du cou et de la tête. L'analyse de la littérature épidémiologique de 1966 à 2006, à laquelle a procédé l'équipe du Dr Jürgen Rehm, du Centre for Addiction and Mental Health, montre invariablement une relation entre consommation d'alcool et risque accru de cancer de l'½sophage, du larynx et de la cavité buccale. Les chercheurs ont en outre observé que les individus qui arrêtent de boire connaissent une réduction significative du risque de cancer.

Les résultats des recherches sont les suivants :

  • le risque de cancer de l'oesophage double presque dans les deux premières années suivant l'arrêt de la consommation d'alcool, soit une forte hausse dont la cause pourrait être le fait que certains individus n'arrêtent de boire que lorsqu'ils manifestent déjà les symptômes de la maladie. Le risque diminue toutefois rapidement et significativement après de longues périodes d'abstention.

  • le risque de cancer de la tête et du cou ne diminue significativement qu'après 10 ans d'arrêt.

  • Après plus de 20 ans d'arrêt, les risques de cancers étaient similaires à ceux observés chez les individus n'ayant jamais bu d'alcool.

Ces résultats ont d'importantes implications en termes de définition de politiques relatives à l'alcool et de stratégies de prévention, particulièrement pour les individus présentant un risque familial de cancer. Le Dr Rehm précise que l'arrêt de la consommation d'alcool a, sur le risque de cancers de la tête et du cou, des effets très semblables à l'arrêt de la consommation de tabac sur le risque de cancer du poumon. Il faut, dans les deux cas, attendre environ deux décennies avant de voir le risque revenir au niveau de celui des non consommateurs.

Les chercheurs notent que l'effet cardioprotecteur de l'alcool est largement connu, en raison de la publicité dont il a été l'objet, contrairement à ses effets en terme de cancers. Le Dr Rehm indique que des recherches supplémentaires sont nécessaires en ce qui concerne les effets de l'arrêt de l'alcool sur d'autres types de cancers, plus particulièrement les cancers du sein, colorectaux et du foie, pour lesquels l'alcool est aussi considéré, par l'Agence Internationale pour la Recherche sur le Cancer, comme substance carcinogène. D'autres recherches sont en outre nécessaires en ce qui concerne les effets du type d'alcool, des modalités de consommation et des effets joints de l'arrêt de l'alcool et du tabac sur le risque de cancer.

Les résultats des recherches sont publiés dans le numéro de septembre de la revue International Journal of Cancer.

SOURCE : Centre International de Recherche Scientifique

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