Agroalimentaire : les messages sanitaires pour les publicités alimentaires bientôt obligatoires

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Avec l'entrée en vigueur prochaine du décret sur les messages sanitaires, l'industrie alimentaire s'engage dans une année déterminante pour la santé publique avec toutefois quelques réserve, selon l'Association Nationales des Industries Alimentaires (ANIA).

« Agroalimentaire : les messages sanitaires pour les publicités alimentaires bientôt obligatoires » « Pour l’industrie alimentaire, l’année 2007 sera certainement une année déterminante dans le domaine de la santé publique et de la nutrition avec en particulier la mise en oeuvre de nombreux décrets et règlements français ou européens et la poursuite des initiatives des entreprises du secteur » a déclaré ce mardi 6 février Jean-René Buisson, Président de l’ANIA.

Dans le contexte actuel de lutte contre l’obésité, l’ANIA participe pleinement au débat sur l’application de toutes les nouvelles mesures, et réaffirme son engagement à assumer un rôle d’acteur de santé publique.

Aux premiers rangs de ces mesures, il faut notamment retenir :

  • L’entrée en vigueur du décret français qui contraint les annonceurs à apposer, sur toutes les publicités, les messages sanitaires dès fin février 2007.
  • Le débat sur l’amélioration de l’offre alimentaire et l’information du consommateur dans le cadre du PNNS 2.
  • L’application du règlement européen sur les allégations nutritionnelles et santé ainsi que l’enrichissement des aliments.
  • L’étiquetage nutritionnel : réflexion européenne et comportement des différents acteurs concernés (pouvoirs publics, industriels et distributeurs).
L’ensemble de ces dossiers s’inscrit dans le cadre de la politique menée par les pouvoirs publics et les industriels visant à favoriser l’équilibre alimentaire.

L’ANIA s’engage fortement sur tous les fronts, avec par exemple :

  • Le développement du Programme Alimentation & Insertion, mené depuis 2003, destiné à promouvoir les bonnes pratiques alimentaires auprès des populations les plus démunies.
  • La mise en oeuvre du Comité de Recherche et Développement de l’ANIA, organe de coordination de la filière, destiné à cibler et soutenir les programmes prioritaires de recherche et peser sur les choix publics nationaux et internationaux.
  • La mise en place de la Fondation Alimentation & Vitalité dans laquelle elle s’investit aux côtés de l’INRA et l’IFN, en faveur de la promotion de l’équilibre alimentaire. Financée par les entreprises du secteur et administrée par un conseil représentatif des acteurs publics et privés concernés, cette initiative concrétise une approche novatrice basée sur le principe de l’engagement réciproque.

Le contenu du décret

Le décret et l’arrêté sur les messages sanitaires entreront en application immédiate dès parution au Journal Officiel, fin février 2007.

Les annonceurs de l’alimentaire seront désormais tenus de faire apparaître de façon « aisément lisible ou audible, respectueuse de leur vocation de santé publique » 4 grands messages sur tous leurs supports de communication (radio, télévision, cinéma, presse écrite, affichage, Internet, brochures distribuées dans les boîtes aux lettres et tout autre support publicitaire imprimé).

Tous les aliments sont concernés à l’exception des boissons sans aucune adjonction de sucres, sel ou édulcorants de synthèse (thé, café, tisanes, chicorée, jus de fruit et lait), des produits bruts et des boissons alcoolisées (déjà soumises à d’autres messages).

Quels sont ces 4 messages ?

  1. « Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour »
  2. « Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière »
  3. « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé »
  4. « Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas »
Une adaptation de ces messages, dans la forme, a été prévue pour les publicités diffusées sur les écrans enfants ou insérées dans la presse jeunesse avec une possibilité de tutoiement et l’utilisation de la formule d’introduction « pour bien grandir » vs. « pour votre santé ».

Deux messages spécifiques ont également été définis pour les publicités de produits alimentaires à destination des enfants de moins de 3 ans :

  1. « Apprenez à votre enfant à ne pas grignoter entre les repas ».
  2. « Bouger, jouer est indispensable au développement de votre enfant ».
La loi stipule que les entreprises qui dérogeront à cette règle devront s’acquitter d’une taxe de 1,5% du montant de leurs investissements publicitaires, au profit de l’INPES.

Recommandations et réserves de l’ANIA

Malgré les contraintes imposées par cette mesure et la conviction que son efficacité est très discutable, l’ANIA recommande à toutes les entreprises de l’industrie alimentaire concernées de mettre en place les messages sanitaires. cette solution apparaît en effet comme plus responsabilisante que la taxation. « Éduquer, promouvoir une meilleure hygiène de vie et aborder le problème de l’obésité dans sa globalité nous paraît plus responsable » commente Jean-René Buisson.

L’ANIA émet des réserves sur deux plans :

  • L’impact réel de ces messages sur le consommateur
  • Les conditions d’application des messages

Impact des messages sanitaires sur le consommateur :

L’ANIA s’interroge sur l’interprétation et la perception de ces messages sanitaires par le consommateur. En effet, un problème de cohérence entre les messages publicitaires et sanitaires semble s’imposer dans la msure où les messages devront apparaître en alternance sur chaque campagne publicitaire.

Quelques exemples des incohérences qui se poseront :

Que faudra-t-il conclure d’une publicité mettant en avant une soupe de légumes qui présente dans le même temps le message sanitaire incitant à manger au moins cinq fruits et légumes par jour ? Le consommateur ne risque-t-il pas de douter de la teneur en légumes de sa soupe ? Devra-t-il comprendre au contraire que cette soupe contient à elle seule l’apport journalier d’au moins cinq fruits et légumes ? Quid d’une publicité pour une friandise présentant le message de prévention contre la consommation de trop de sucres, graisses et sel ?

On note d’ailleurs que la version radiophonique de ce dernier message (« Pour votre santé, limitez les aliments gras, salés, sucrés»), présente un changement de fond en termes de contenu puisque l’on ne parle plus de manger « trop gras, sucré, salé » mais tout simplement d’aliments « gras, sucrés, salés », ce qui induit une condamnation de tous les aliments concernés par ces nutriments : la grande majorité de nos aliments.

En définitive, le consommateur ne risque-il pas d’être perdu dans la multiplication des messages parfois contradictoires ? La publicité doit-elle être une source de doute ? Doitelle devenir anxiogène pour le consommateur ? L’industrie alimentaire ne le pense pas.

L’ANIA rassemble 23 fédérations nationales sectorielles et 15 associations régionales des industries alimentaires représentant l’ensemble des entreprises alimentaires de tous secteurs et de toutes tailles. Elle est le porte-parole de l’industrie alimentaire et agit pour promouvoir les intérêts des entreprises du 1er secteur économique français.

(Communiqué et dossier de presse de l’ANIA)

Source : Alexandre Glouchkoff, Diététicien - Nutritionniste

SOURCE : Toute la diététique !

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