Agriculture bio : des produits importés pas vraiment bio sur nos étals

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La nouvelle charte de l'agriculture européenne (en application depuis bientôt deux ans au 1er janvier 2011), censée sécuriser les approvisionnements en produits bio en provenance des pays tiers, voit son efficacité entachée par des dérives de pratiques entre producteurs bio et organismes certificateurs à l'étranger. C'est ce qui ressort d'un article publié sur le magazine L'Expansion sur internet.

« Agriculture bio : des produits importés pas vraiment bio sur nos étals » L'article qui pointe en particulier le « nombre d'aliments en provenance de l'étranger (qui) ne sont pas bio en raison de fraudes » dénonce « l'absence d'harmonisation des contrôles en Europe, et le flou sur les méthodes de certification de la filière ». Au vu de la demande en produits bio en France de plus en plus importante, l'importation de denrées bio est une étape incontournable. C'est une évidence pour les aliments exotiques qui ne sont pas produits dans l'Union européenne.

Pour ce qui concerne les aliments bio que nous produisons en France, le rythme de conversion de nos exploitations à l'agriculture bio, même après une accélération en 2009 et 2010 soulignée par l'Agence bio en mai, peine à suivre la hausse de la demande. De plus, le besoin d'exporter serait accentué par les pratiques de la grande distribution qui représente 45 % des ventes de produits bio en France, selon les chiffres de l'Agence bio. « En 2009, 38 % des aliments présents sur les rayons biologiques étaient importés, contre 30 % en 2008 », souligne L'Expansion.

Les distributeurs vont « chercher loin des produits de "contre-saison" (des tomates en hiver, par exemple) et des prix bas ». « C'est aberrant ! Même en pleine saison, nos agriculteurs ne sont pas sûrs de vendre leur production », déplore le président de ProNatura (premier grossiste bio en France), Henri de Pazzis, cité dans l'article. Mais le plus grave réside dans les dérives provoquées par cet engouement pour le bio en Europe, et « depuis 2005, les membres de l'UE ont retiré près de 200 autorisations d'importation, la plupart du temps pour non-respect de la législation sur le bio », indique l'article.

Et encore ne seraient recensés « officiellement que les cas mettant en danger la santé du consommateur ». Ainsi, les exemples de produits ayant obtenus le label bio européen alors que des analyses a posteriori révèlent qu'ils ont été traités avec des produits phytosanitaires de synthèses interdits en agriculture biologique, voire des pesticides carrément interdits à l'utilisation en Europe, sont légion, raconte L'Expansion. La preuve que le système de surveillance fondé sur les orgnanismes certificateurs agréés par l'UE n'est pas totalement fiable.

Quant au produits bio sur nos étals en provenance d'autres pays de l'UE, ils ne sont pas « non plus au-dessus de tout soupçon ». La Commission disposerait des « données détaillées sur les infractions les plus graves relevées sur les produits échangés au sein de l'UE », d'après L'Expansion, mais elle refuserait de les rendre publiques. L'Espagne apparaît en tête des pays européens sur la sellette, où dans les régions de maraîchage et d'arboriculture intensives, « de nombreux paysans se sont opportunément convertis au bio, sans toujours en respecter les règles », écrivent les auteurs de l'article.

Le problème au sein de l'UE résiderait en « l'absence d'harmonisation des politiques de contrôle », et d'après les données de la Commission européenne, les contrôles en France seraient beaucoup plus fréquents et inopinés que dans d'autres pays comme l'Espagne. Ces dérives poussent de nombreux acteurs de la filière à privilégier un approvisionnement local, et même la Fédération des entreprises de commerce et de la distribution (FCD) « essaie de développer les relations avec la Fédération nationale de l'agriculture biologique » pour y parvenir, pointe l'article.

(La France Agricole d'après l'article de L'Expansion « Bio : alerte sur les produits d'importation »)

Source : Conseil National de l'Alimentation (CNA)

SOURCE : Conseil National de l'Alimentation

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