Ado végétarien, un choix à risque

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Souci écologique ou souci de contrôler leur poids, les ados peuvent être tentés par le végétarisme. Ce n'est pas forcément une bonne idée !

« Ado végétarien, un choix à risque » - Crédit photo : © Alen-D - Fotolia.com Autant les adultes végétariens ont fait l’objet d’études, autant on sait peu de choses sur les ados convertis au « tout légume »… Combien sont-ils ? En France, les chiffres manquent. Au Royaume-Uni, on estime que 5 à 8 % des jeunes seraient concernés. Aux Etats-Unis, on parle de 2 % de jeunes végétariens et de 0,5 % de végétaliens (qui refusent aussi les oeufs et les produits laitiers). Les statistiques aujourd’hui disponibles dans les pays développés oscillent entre 1 et 8 %.

Mais il ne fait pas de doute que le végétarisme puisse devenir tendance ! La pitié envers les animaux, la protection de l’environnement, en particulier la lutte contre les gaz à effet de serre, le souci de manger « naturel » et de préparer un monde meilleur… : autant d’arguments, qui ont pour effet de ternir l’image de la viande...

D’après les études menées chez les adultes et dans des groupes d’adolescents, le régime végétarien peut être sans danger tant qu’il inclut les oeufs et les produits laitiers. Il n’en est pas de même avec le végétalisme, qui exclut tout produit d’origine animale. Les travaux conduits chez des adolescents végétaliens suédois montrent, dans les deux sexes, un déficit en calcium et en vitamines B2 et B 12. Chez les filles, s’y ajoute un déficit en vitamine D. Autant de carences nuisibles à la croissance, qui peuvent être évitées avec des apports suffisants de produits laitiers, riches en calcium, en protéines animales de bonne qualité et en vitamines.

Autre danger, lié à toute forme de végétarisme : si les uns (surtout les végétaliens) mettent souvent en avant des considérations éthiques, si les autres se montrent plutôt préoccupés par leur santé, on estime aussi que 20 à 25 % des adolescents végétariens – majoritairement des filles - choisissent ce régime alimentaire pour mieux contrôler leur poids. Lorsque cette motivation prédomine, il n’est pas rare qu’elle s’accompagne de troubles du comportement alimentaire. Avec élimination de certains groupes d’aliments, exaltation du contrôle exercé sur les aliments, tendance à l’anorexie, etc… Autant de signes inquiétants, que les médecins dépistent avec une certaine constance chez les ados végétariens. Et qui leur font dire que le végétarisme, à l’adolescence, est un choix à risque...

(Réalités en nutrition 2008, n° 8, p. 6 à 10.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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