Actualités dans l’allergie aux protéines du lait de vache

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L’Allergie aux Protéines du Lait de Vache (APLV) est une allergie fréquente, la première allergie alimentaire à apparaître chez l’enfant, qui disparaît spontanément dans la majorité des cas avant l’âge de 3 ans. elle n’est reconnue que depuis quelques décennies à peine, et plus récemment encore pour ce qui est de ses formes chroniques non Ige-dépendantes.

« Actualités dans l’allergie aux protéines du lait de vache » - Crédit photo : www.babyfrance.com On admet actuellement 2 grandes formes cliniques : les réactions allergiques aiguës aux protéines du lait de vache, IgE-dépendantes, et les réactions retardées chroniques, non IgE-dépendantes. Ces dernières formes donnent lieu à une symptomatologie variée et non spécifique : digestive (50–60% des cas), cutanée (50–60% des cas) ou respiratoire (20–30% des cas).

La plupart de ces manifestations sont transitoires et disparaissent avant l’âge de 1 an. En pratique, une allergie alimentaire doit notamment être suspectée en cas d’eczéma d’apparition précoce (< 6 mois) en particulier s’il est accompagné de manifestations digestives (diarrhée, constipation, reflux gastro-oesophagien...).

Des rhinites chroniques précoces peuvent également accompagner une APLV, de même que des infections respiratoires anormalement fréquentes. La prise en charge de l’APLV a fait l’objet de récentes recommandations [1]. Elles préconisent, afin d’authentifier une APLV incertaine, un régime d’exclusion avec substitution du lait de vache par un hydrolysat poussé, en cas de non-allaitement chez les nourrissons, suivi d’une réintroduction à visée diagnostique après 2 à 4 semaines.

Avant ce test de réintroduction, il est conseillé de faire des tests allergiques (tests cutanés, dosage des IgE, atopy patch test) pour connaître à l’avance le type de réactivité de l’enfant. En pratique, ce test de réintroduction du lait de vache en cas d’amélioration supposée de l’état de l’enfant sous régime d’exclusion est peu fait, en raison d’une réticence des parents comme des médecins. Il est probable que certains enfants non allergiques reçoivent inutilement jusqu’à 10 ou 12 mois un hydrolysat poussé, il est donc important de tester l’enfant autant que faire se peut.

Le Diallertest est un atopy patch test au lait de vache prêt à l'emploi et totalement non invasif. En cas de négativité, un dosage des IgE spécifiques peut être demandé. Si ces tests sont à leur tour négatifs, la répétition du Diallertest après 1 à 2 mois permet avec une sensibilité satisfaisante d’affirmer ou d’éliminer le diagnostic d’APLV et de poser les bonnes indications d’un régime d’exclusion avec alimentation par hydrolysat poussé. Certaines formes cliniques sévères d’APLV, résistantes aux hydrolysats poussés, nécessitent un recours à une formule d’acides aminés.

L’oesophagite à éosinophiles représente une nouvelle forme clinique d’allergie alimentaire, observée à tout âge y compris chez des adultes. D’incidence croissante, elle reste assez mystérieuse actuellement. Son traitement repose sur un régime d’exclusion du blé, du lait et de quelques autres aliments.

Enfin, l’immunothérapie (ou désensibilisation) fait depuis peu l’objet de travaux de recherche clinique dans l’APLV persistante, avec des résultats intéressants. Les études en cours permettront de préciser la place de ce traitement et ses modalités (voie orale et/ou sublinguale).

[1] Vandenplas Y, Koletzko S, Isolauri E, Hill D, Oranje AP, Brueton M, Staiano A, Dupont C. Guidelines for the diagnosis and management of cow’s milk protein allergy in infants. Arch Dis Child 2007;92:902–908.

(D’après une interview du Pr Christophe DUPONT Chef de Service, Néonatologie, Saint Vincent de Paul, Paris - Conférence de presse Symposium APLV 2010 du 22 janvier 2010)

SOURCE : Laboratoires Menarini

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