Acides gras superstars : y'a bon oméga !

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Un nom qu’envierait n’importe quel produit au marketing bien ciselé, de réels atouts pour la santé et un surf spectaculaire sur le nutritionnellement correct. Décidément, les oméga ont tout bon. Si vous avez échappé au cours de ces dernières années à l’éloge des oméga, c’est sans doute que vous avez vécu en ermite, hors du monde et de ses turpitudes. Car à ce stade d’engouement, ce n’est plus une vague fashion qui déferle, c’est un tsunami...

« Acides gras superstars : y'a bon oméga-3 ! » - Crédit photo : © filipe varela istockphoto.com Si le phénomène est puissant, il aura pourtant mis un bon bout de temps à se déclencher et l’attrait récent que nous inspirent les frères jumeaux des acides gras essentiels, oméga 3 et oméga 6, ne doit en réalité rien à la mode. Sans nous transformer en historien des lipides, la saga des oméga mérite quand même d’être évoquée. Une tranche de culture digeste, ça ne se refuse pas. Cependant nos amis les oméga n’ont pas toujours été des vedettes de l’abondance alimentaire et de la consommation débridée.

Sur la trace des oméga...

En 1930, alors que la grande dépression économique commence à produire son onde de choc et que se nourrir - même mal - devient une préoccupation quotidienne, deux scientifiques américains, Burr et Evans, vont pourtant faire la découverte qui nous bouleverse tant aujourd’hui... Certaines graisses, bien spécifiques, sont indispensables à la vie et le corps ne sait pas les fabriquer.

Nos deux découvreurs les nomment alors Vitamines F mais il s’agit bien des acides gras essentiels oméga 3 et oméga 6. Beaucoup plus tard, en 1958, le professeur Ancel Keys, accompagné d’une équipe internationale, se lance dans une véritable enquête au long cours. Pendant plus de 10 ans, ces scientifiques vont observer les modes de vie et d’alimentation de milliers de personnes à travers le vaste monde.

Esquimaux à volonté...

Dès 1970, la formidable longévité des paysans de l’île de Crète est clairement attribuée à leur régime alimentaire (le fameux « régime crétois » !). Son originalité tient presque entièrement à ses nombreuses sources d’oméga 3. Oeufs, pourpier, huile de noix, poissons, viande d’oie, de lapin, escargots, etc. en fournissent il est vrai abondamment. Bien loin de la Crète et de sa douceur climatique, les rudes Esquimaux du Groenland font également preuve d’une résistance exceptionnelle aux maladies cardiovasculaires.

Un moment évoqué, le facteur génétique est rapidement abandonné (les Esquimaux émigrés à Copenhague meurent autant d’infarctus que le Danois moyen) et c’est la piste du poisson qui s’avère être la bonne. Les Esquimaux en consomment en effet une quantité conséquente. Bonne pioche : les vertus cardioprotectrices des oméga 3 contenus dans les graisses animales du poisson et du phoque sont démontrées.

Deux scientifiques japonais vont, de leur côté, s’intéresser à l’archipel d’Okinawa, qui compte un nombre de centenaires inhabituel. Là encore, le faible taux de maladies cardiovasculaires se combine avec une consommation élevée de poisson et de plusieurs sources naturelles d’oméga 3.

A la recherche du temps perdu...

La fin du siècle dernier voit se mener une brassée d’études scientifiques qui, toutes, confirment les nombreuses observations et les hypothèses mises en avant par ces différents chercheurs. En augmentant, grâce aux huiles animales ou végétales, l’apport en oméga 3 chez des sujets à risques cardiaques, le taux d’infarctus et la mortalité cardiovasculaire diminuent de façon significative.

On croyait soudaine et donc suspecte la consécration des oméga 3 sur l’autel nutritionnel. En réalité, il aura fallu plus de cinquante années pour passer de leur découverte à la démonstration de leurs vertus. Et vingt années supplémentaires pour que les preuves scientifiques sortent des laboratoires pour gagner les rayons de la grande distribution.

Aujourd’hui, bon nombre d’études sont encore en cours de réalisation ou d’analyse. Certaines d’entre elles ont mis en évidence des effets bénéfiques allant bien au-delà de la protection cardiovasculaire. Attention quand même de ne pas confondre efficacité et panacée. Mais ne nous plaignons pas non plus que la mariée soit trop belle.

Bon à savoir...

Les lipides, communément appelés matières grasses, sont divisés selon leur structure moléculaire en 3 types d’acides gras :
  • les acides gras saturés (Ouah, les mauvaises graisses !)
  • les acides gras mono-insaturés (Oh, les bonnes graisses !)
  • les acides gras polyinsaturés (Bingo !), dont font partie oméga 3 et oméga 6

Le Programme National Nutrition-Santé (PNNS) a révélé dès 2001 l’importance des oméga 3 dans l’alimentation quotidienne. L’apport quotidien nécessaire a été évalué à 2 grammes environ alors que nous n’en consommons que la moitié. Bonne nouvelle, il est plus facile de respecter les recommandations du PNNS en matière d’oméga 3 qu’en matière de fruits et légumes. Ca ne remplace pas, mais c’est déjà ça...

Les oméga 3 sont les acides gras essentiels les plus bénéfiques pour l’organisme, particulièrement en matière de protection cardiovasculaire. Les aliments les plus riches en oméga 3 sont l’huile de noix, les noix, l’huile de colza, les poissons gras (saumon, anchois, sardine, hareng, maquereau).

Les oméga 6 aident à réduire le mauvais cholestérol (LDL). On les trouve dans l’huile de colza, de noix, de pépin de raisin.

Dans la famille acides gras polyinsaturés (AGPI), je demande oméga 3 et oméga 6. Ces deux AGPI semblent jouer un rôle important durant la grossesse. Le premier pour le développement du cerveau et la vision du foetus. Le second pour la croissance du bébé. Chez la femme enceinte, les besoins en oméga 3 augmentent de 40%

Plus d’oméga 3, moins de dépression ? Des chercheurs de l’Inserm ont récemment montré qu’un taux sanguin élevé d’un acide gras oméga 3 appelé EPA (acide eicosapentaénoïque), est associé à une moindre fréquence des symptômes dépressifs chez les personnes âgées. Les résultats de cette étude, incluant plus de 1 300 personnes ont été publiés en mai 2008 dans l’American Journal of Clinical Nutrition.

(Par Catherine Gretchanovsky - BIENSÛR Santé Magazine n°14)

SOURCE : BIENSÛR Santé

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