A table avec nos amies les bêtes

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Nutrition, gastronomie, plaisir... Non, vous n'êtes pas chez le dernier traiteur branché du quartier, mais tout simplement au rayon « alimentation animale » de votre supermarché... Ils sont plus de 30 millions en France. Aux États-Unis, près de 65 % des foyers possèdent au moins un animal de compagnie : ce qui représente quelque 74 millions de chiens et plus de 90 millions de chats. Autant dire un grand nombre de gueules à nourrir et beaucoup d'argent dépensé...

« Sel, potassium et contrôle de la pression artérielle » Le budget des Américains consacré à l’alimentation de leurs animaux aurait avoisiné les 15,2 milliards de dollars en 2006. Un marché très juteux donc pour les industriels du « pet food », qui ne reculent devant aucune innovation pour séduire nos amis les bêtes et surtout leurs maîtres. Plus de 175 nouveaux produits sont ainsi apparus sur le marché américain au premier semestre 2006.

Trois tendances majeures se dégagent : nutrition & santé, gastronomie, plaisir. Les mêmes, somme toute, que celles que l’on retrouve en alimentation humaine.

Au rayon nutrition & santé des « quatre pattes »

La nutrition est devenue un enjeu majeur pour la santé de l’homme. Et, comme « ce qui est bon pour nous l’est aussi pour eux », les aliments à visée nutritionnelle prennent de plus en plus de place dans les rayons alimentation animale des supermarchés (qui sont, vous le remarquerez, de plus en plus longs).

Parmi les « best of », les menus complets et équilibrés, avec viandes et légumes couvrant 100 % des besoins nutritionnels du chien ou du chat. Menus qui se déclinent selon l’âge de l’animal. Le chiot n’ayant bien sûr pas la même ration que le chien de chasse hyperactif ou que le « toutou à sa mémère » âgé et sédentaire.

Les chiens en surpoids, qui suivent souvent le mauvais exemple de leur maître, ne sont pas oubliés : des menus avec deux fois plus de protéines, garantissant une perte de poids de 10 % en 12 semaines, leur sont proposés.

Quand l’alimentation animale singe celle de l’homme

Grand succès aussi pour les aliments enrichis à visée fonctionnelle, santé, forme ou beauté. Aliments enrichis en acides gras, pour favoriser le développement harmonieux du cerveau; enrichis en oméga 3 et 6, en vitamines A et E et en zinc, pour un beau poil et une belle peau ; ou encore en antioxydants divers et variés pour booster le système immunitaire. Il y a même des menus végétariens pour que Médor et Minou (qui, rappelons-le, sont censés être des carnivores) puissent faire comme maman. Citons également les produits au parfum de menthe pour animaux à haleine fétide ou les « spécial articulations » pour chiens coureurs...

Les aliments à visée santé, qui sont souvent l’apanage du cabinet vétérinaire (il n’y a pas encore de pharmacies spécialisées.), sont également en plein développement. repas : pour chiens intolérants ou allergiques, pour chat à l’appareil urinaire fragilisé. On en trouve pour toutes les pathologies.

Au service du chat gourmet

La gastronomie, très tendance chez les humains en ce début de millénaire, a aussi envahi les rayons pour chats et chiens. Les Américains prévoient que le marché du rayon gourmet pourrait même friser les 19 milliards de dollars en 2010.

Là, ce sont surtout nos amis les chats, réputés pour leur délicatesse et leur fine gueule, qui se taillent la part du lion. Thon jaune extra-fin, saumon sauvage, filet mignon aux légumes du jardin, truite arc-en-ciel... Sans oublier les petites sauces « à part » pour parfumer mets et croquettes. Sauces aux fruits de mer, goût barbecue, à l’arôme de steak, ou encore saveur soupe de poissons ou tendances exotiques… Des sauces pouvant aussi être enrichies en vitamines, minéraux et anti-oxydants pour allier gastronomie et santé.

Pour le plaisir, de petites douceurs dans leur gamelle

Qui n’apprécie pas une petite douceur en fin de repas ? Mais comme partager son baba au rhum ou son éclair au chocolat n’est conseillé ni par le diététichat ni par la diététichienne (voir encadrés), les industriels ont créé de petites douceurs rien que pour eux, mais qui ressemblent aux nôtres à s’y méprendre...

Des cookies et autres brownies sans sucre, mais avec une couleur et odeur comparables à ceux de Tante Anna. Des tartes aux pommes, gâteaux aux carottes, ou crumbles de saison garantis sans arôme ni additif. Et même des glaces ! Glaces au fromage, à arroser d’un coulis de menthe, ou encore entremet glacé au yaourt, avec des probiotiques qui font du bien... Car allier plaisir et santé est aussi une préoccupation et un créneau porteur.

Bien fini donc l’époque où chiens et chats mangeaient les restes, quand il y en avait... Et pour savoir ce que nous mangerons demain, il ne faudra sans doute pas tarder à regarder le contenu de leur gamelle !

Les conseils de la diététichienne pour bien nourrir son chien (*)

Très jeune, le chien devra être habitué à manger à heures régulières, dans un plat toujours placé au même endroit. La plupart des chiens peuvent se satisfaire d’un seul repas par jour. Toutefois, si l’animal est de grande taille ou glouton, il est préférable de le nourrir à plus petites doses et plusieurs fois par jour.

Le chien peut fort bien manger le même type d’alimentation durant toute sa vie. Cependant, si vous constatez une certaine lassitude, n’hésitez pas à varier ses repas et à changer de recette. Pour un chien de 13 kg, la ration journalière idéale doit comprendre 220 g de viande maigre, 110 g de céréales, 110 g de légumes verts et 30 g d’un mélange de levure sèche, d’huile et de composé minéral vitaminé.

Les os sont bons pour la santé des chiens, car ils fournissent du calcium et du phosphore à l’organisme (les os friables comme ceux de poulet et de lapin sont à proscrire). Il est préférable de limiter au minimum les sucreries (sucre, gâteaux et chocolats).

Pour savoir si votre chien mange bien, vérifiez que son poids à l’âge adulte reste stable, surveillez également l’aspect de sa peau et de sa fourrure (poil lisse et brillant), ainsi que la normalité de son transit intestinal.

Bien nourrir son chat : les conseils du diététichat (*)

Jusqu’à trois ou quatre mois, le nombre idéal de repas est de trois par jour. Après huit mois, on peut s’en tenir à deux repas, voire un seul. L’âge, le mode de vie du chat et le fait qu’il soit castré ou non sont autant d’éléments à prendre en compte.

En période de croissance, le chaton a des exigences nutritionnelles (en quantité et en qualité) supérieures à celles d’un chat adulte. Il a besoin : d’un apport élevé de protéines pour favoriser un développement harmonieux de son organisme (musculature, ossature, organes…), de matières grasses en quantité suffisante pour couvrir ses besoins énergétiques, d’un apport de minéraux (calcium et phosphore) indispensable à une bonne formation osseuse, de vitamines, utiles aux fonctions vitales...

Les chats sont particulièrement difficiles, et ils apprécient généralement que leurs menus soient variés. Il est d’ailleurs utile de présenter des aliments différents aux chatons dès les premiers mois, car cela élargit la palette de leurs goûts. Les chats apprécient le lait, mais peuvent parfois mal le digérer.

Il est donc préférable de le couper avec de l’eau, pour inciter l’animal à boire. Les chats apprécient également de manger de l’herbe. En effet, cet animal ne mâchant pas ses aliments, l’herbe l’aide à digérer, et surtout à régurgiter les touffes de poils avalées en faisant sa toilette. Pour les animaux vivant en appartement, une barquette d’herbe à chat, à base de graminées, sera donc la bienvenue.

Des animaux, des hommes et des chiffres :

  • 52 % des foyers français ont un animal de compagnie.
  • La France compte 9 dont millions de chats et autant de chiens.
  • L’industrie du pet food en France, c’est plus de 20 fabricants, plus de 20 000 emplois et plus de 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaire (dont 870 millions à l’exportation).
  • Environ 2 millions de tonnes d’aliments pour animaux sont été fabriqués en France chaque année.
  • L’alimentation animale, c’est aussi 1 510 000 tonnes de produits agricoles valorisés (viandes, poissons, céréales…).

Pour en savoir plus :

  • (*) FACCO : syndicat des fabricants d’aliments préparés pour chiens, chats, oiseaux et autres animaux familiers – Tel 01 48 03 29 11 – fax 01 40 18 15 43 – www.facco.fr
  • Food and Technology 2006 ; 60 (11) : 439-41

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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