À chaque sportif sa façon de manger et sa personnalité

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Dans un ouvrage scientifique dédié aux comportements alimentaires (*), Paul Pilardeau, médecin du sport et enseignant à l'Université Paris 13, se livre à une analyse des relations entre pratique sportive, comportement alimentaire et personnalité... Une galerie de 7 portraits hauts en couleur, où peut-être vous vous reconnaîtrez...

Les extravertis : adeptes de la 3e mi-temps et de la bonne chère partagées

Ils pratiquent des activités sportives leur permettant d'exprimer leur humeur sous forme de cris, de conseils hurlés ou de gestes les mettant en contact avec le public (jet de raquette ou de maillot dans la foule). Ce comportement, ils le retrouvent après les matchs (foot, rugby, hand...), lors de 3e mi-temps « de récupération ». Là, ils se laissent aller aux libations les plus débridées (où les jus de fruits ne font pas l'unanimité) lors de repas pris en commun (souvent debout, au milieu de hurlements et de chansons)... L'extraverti aime partager les victuailles apportées pour l'occasion : jambon de pays, gâteaux traditionnels...

Les introvertis solitaires : ils cherchent la symbiose entre le corps et l'esprit

Ils préfèrent les sports solitaires, qui leur permettent de se battre contre eux-mêmes. Marathoniens, triathlètes, joggers, tireurs à l'arc pratiquants d'arts martiaux... Les relations entre leur corps et leur esprit sont au centre de leurs préoccupations. Ils fuient les fêtes et préfèrent manger seuls, sans alcool ni excitant... Parmi eux, beaucoup de végétariens et d'adeptes du jeûne.

Les obsessionnels : chez eux, matériel + alimentation = compétition

Ils aiment les sports mécaniques (cyclistes) ou utilisant un matériel spécifique (perchistes, pongistes..). Le matériel comme l'alimentation doivent être prêts pour la compétition et sont mainte fois contrôlés, avant un déplacement par exemple. Ces sportifs comptent leurs victoires comme leurs calories... Ils mangent à heure fixe, une alimentation savamment dosée et préparée. Chez certains, un plat spécifique est même dédié à chaque jour de la semaine. La variété, ils ne connaissent pas : elle est pour eux synonyme d'écart et donc de danger...

Les masos : au pain sec et à l'eau

« Pour progresser, il faut souffrir »... La douleur, barrière naturelle aux contraintes imposées par l'organisme, doit être franchie... Cyclistes, athlètes de fond, ils exaltent leur douleur en s'imposant des règles drastiques, notamment au niveau de l'alimentation... Eau, pain, légumes bouillis sont au menu, pour punir leur corps ou au contraire l'améliorer ! A noter: la défaite peut aggraver ce type de comportement et aboutir à de réelles carences.

Les sadiques : ils en font baver les autres...

Cette catégorie ne concerne pas directement les sportifs, mais davantage certains de leurs entraîneurs... Ils sont là pour « les former à la dure », « leur en faire baver », « leur donner les chances de réussir »... Ils imposent à leurs ouailles des contraintes alimentaires drastiques, allant même jusqu'à priver de manger les sportifs non méritants ! En revanche, ils ne s'imposent rien à eux-mêmes, notamment en ce qui concerne l'alimentation...

Les hypochondriaques : à l'écoute des aliments et de leur corps

On les trouve partout, mais sans doute davantage chez les athlètes de haut niveau et chez les sportifs, donnant une signification mentale à la perception corporelle (yoga, danse, kendo..). Leur comportement alimentaire résulte de l'effet spontané (réel ou supposé) de l'aliment sur leur corps. La moindre douleur peut être associée à la consommation d'un aliment et se traduit alors par : « cet aliment ne me convient pas ». Leur alimentation -généralement très élaborée (le corps ne doit pas manquer de vitamines, de minéraux, d'oligo-éléments...)- doit répondre à des critères d'équilibre stricts, basés sur leur expérience personnelle.

Les mégalos : à table comme sur le terrain, ils n'en font jamais assez

Ils sont légion à tous les niveaux de la compétition, mais on les retrouve volontiers parmi les présidents de clubs ou de fédérations. A table comme sur le terrain, ils n'en font jamais assez. Leurs 3e mi-temps sont pantagruéliques : ils mangent et boivent pour deux ou même pour trois... Hélas pour eux, une fois l'heure de la retraite sportive sonnée (après 30 à 40 ans d'activité), ils se voient incapables de modifier leur comportement alimentaire et se retrouvent donc en bonne place dans la catégorie des super-lourds !

(*) Les comportements alimentaires - Tec et Doc lavoisier 2004

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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