2000-2010 : 10 ans de nutrition dans l’univers alimentaire

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Le 17 mai dernier a eu lieu à Paris le 1er Nutri-Débat, nouveau concept de colloque autour de la nutrition organisé par l’agence Nutritionnellement. Un événement inédit durant lequel des professionnels de différents horizons (16, pour ce 1er Nutri-Débat) sont intervenus sur un sujet nutritionnel donné avant de débattre entre eux et avec le public.

Le second thème abordé de ce Nutri-Débat, « 2000-2010 : 10 ans de nutrition dans l’univers alimentaire », a donné lieu aux 4 professionnels d'intervenir individuellement puis de débattre ensemble et avec le public.

A chacun d’entre eux, la même question suivante leur a été posée : « Dans votre exercice professionnel, que vous inspire la période 2000-2010 en matière de nutrition ? »

Une accélération des activités en nutrition chez Coca-Cola France

Intervention de Claire Meunier, responsable nutrition, Coca-Cola France

« Nous offrons le choix à nos consommateurs en leur proposant aujourd’hui plus de 50 boissons différentes, contre seulement 14 il y a 10 ans. »

Chez Coca-Cola France, de nombreuses actions nutritionnelles se sont mises en place en 10 ans. Claire Meunier en témoigne en choisissant le mot « Zéro ». « Zéro », c’est pour l’absence de poste de responsable nutrition il y a 10 ans, et c’est pour valoriser les actions menées par l’entreprise dans le développement des boissons sans sucres entre 2000 et 2010. En effet, depuis 10 ans, l’entreprise est passée d’un référencement de 2 boissons light à 13 boissons light. Coca-Cola France mène également des actions qui portent sur la réduction de la teneur en sucres des boissons existantes, si bien que globalement, en tenant compte des volumes de vente, elle a diminué en moyenne de 17 % le taux de sucres de l’ensemble de ses boissons. Aujourd’hui, toutes les marques chez Coca-Cola France comptent au moins une référence sans sucres ou à teneur réduite en sucres. L’utilisation d’édulcorants intenses (notamment l’aspartame, et plus récemment l’extrait de stevia) permet la réduction des sucres d’une boisson sans en changer le goût.

A côté de cela, Coca-Cola France s’est aussi engagée en faisant la promotion de l’activité physique (ex. : le programme « Le sport ça me dit »), en communiquant de manière responsable et transparente, et en formant l’ensemble de son personnel à la nutrition.

Une diversité alimentaire pour un bon équilibre

Intervention de Gwénaële Joubrel, responsable scientifique, SOJAXA

« Outre les intérêts nutritionnels des aliments au soja et leur participation à un bon équilibre alimentaire, leur production consomme moins d’eau et produit moins de CO2 que la production d’aliments d’origine animale ; ils contribuent ainsi aussi à l’équilibre de la planète. »

Il y a 30 ans, les produits à base de soja étaient principalement consommés par les personnes souhaitant faire attention à leur alimentation ou en situation particulière (ex. : personnes hypercholestérolémiques). Aujourd’hui, la SOJAXA (Association pour la promotion des aliments au Soja) explique à tous les consommateurs que les aliments au soja peuvent contribuer à la diversité et à l’équilibre alimentaires de chacun, et ne sont pas réservés à des situations de santé particulières. C’est ainsi que Gwénaële Joubrel a choisi le mot « Equilibre » pour qualifier la période 2000-2010.

Grâce à leurs propriétés nutritionnelles (richesse en protéines végétales, absence de cholestérol, absence de lactose, faible taux d’acides gras saturés, enrichissement en calcium, taux de fibres intéressant…), les aliments au soja, dans le cadre d’une alimentation équilibrée, peuvent contribuer à la santé des consommateurs. C’est donc à travers une communication claire et adaptée vers les professionnels de la nutrition et les consommateurs que l’association essaie de faire évoluer les comportements (ex. : édition en 2010 d’un livret de compositions nutritionnelles des différentes catégories d’aliments au soja).

Retour à la simplicité et à la naturalité pour Fleury Michon

Intervention de Barbara Bidan, responsable nutrition, Fleury Michon

« Nous avons exclu de nos produits tous les additifs non indispensables afin de répondre à une attente forte de naturalité de la part des consommateurs. »

Ainsi, depuis plus de 10 ans, l’entreprise s’est investie dans une charte d’engagements nutritionnels, a réduit les teneurs en sel de ses produits de plus de 17 % en moyenne. Elle a également réduit les teneurs en matières grasses de ses produits, elle a supprimé dès 2004 l’huile de palme et les huiles hydrogénées, et elle a retiré progressivement tous les additifs non indispensables. En 2009, elle a signé une charte d’engagements PNNS pour une durée de 3 ans, qui vise à poursuivre les efforts engagés dans la réduction du sel et des acides gras saturés, à généraliser l’étiquetage nutritionnel à la portion pour tous ses produits et à sensibiliser ses 3 500 salariés à l’équilibre alimentaire et à la pratique de l’activité physique.

La nutrition a été un moteur d’innovation important chez Fleury Michon sur 2000- 2010 et la démarche de l’entreprise, intégrant la notion d’alimentation durable, est donc à poursuivre dans le futur.

Des progrès nutritionnels en restauration rapide : Quick prend conscience des nouvelles attentes de ses consommateurs

Intervention de Hubert Vilmer, directeur des flux, responsable du programme « Goût et Nutrition », Quick

« Nous avons réduit d’environ 50 % la teneur en matières grasses de la majorité de nos sauces et cessé de saler nos frites. »

Avant les années 2000, la restauration rapide ou plus communément appelée « fastfood », terme que Hubert Vilmer désapprouve, a longtemps été montrée du doigt par les nutritionnistes. Depuis 10 ans, les a priori sont retombés pour laisser la place à un dialogue ouvert.

Le consommateur, en parallèle, qui se restaure hors domicile avant tout pour se faire plaisir, est de plus en plus demandeur d’informations nutritionnelles, d’informations pour équilibrer son alimentation et à la recherche de goût. C’est ainsi que Quick a décidé d’améliorer son offre et sa communication dans le sens de la nutrition sans pour autant changer son concept. En 2004, l’enseigne a lancé le programme « Goût & Nutrition », expression choisie par Hubert Vilmer pour ce débat, et propose depuis une offre variée, des portions plus petites, informe mieux le consommateur (ex. : information nutritionnelle sur les packagings, en restaurant, sur le site internet) et reformule ses produits (ex. : frites et steaks hachés sans ajout de sel). Dans le futur, Quick compte bien continuer sa démarche nutritionnelle en innovant, tout en tenant compte des nouvelles attentes.

« 2000-2010 : 10 ans de nutrition dans l’univers alimentaire » : le débat

Claire Meunier, Gwénaële Joubrel, Barbara Bidan, Hubert Vilmer

Les industries agroalimentaires et la restauration rapide ont un grand rôle à jouer dans l’équilibre alimentaire des Français à travers leur offre. Toutes ont d’ailleurs fait énormément d’efforts en nutrition ces 10 dernières années. Le problème est qu’il n’est pas toujours simple d’offrir des produits optimaux, car d’une part ce n’est pas un seul produit qui fait l’équilibre alimentaire mais l’ensemble de l‘alimentation sur du moyen ou long terme, et d’autre part car il existe de nombreuses différences de besoins et d’attentes entre les individus (il n’est pas possible de satisfaire tout le monde avec les mêmes produits). De plus, il n’est pas non plus évident de travailler sur les compositions et les tailles des portions des produits, des points de vue technologique (travail de longue haleine en recherche et développement), marketing (si le produit offert ne correspond pas à l’attente, l’action n’est pas efficace), économique, écologique… D’ailleurs « est-ce l’offre industrielle et en restaurant qui génère les tendances de consommation ou bien l’inverse ? », a fait remarquer un participant. Selon Barbara Bidan, les deux sont vrais. Elle pense que l’industrie doit prendre aussi l’initiative par son offre produits et sa communication nutritionnelle pour anticiper et contribuer, à son niveau, à l’équilibre alimentaire sans oublier le plaisir.

Tous les participants du débat ont en tout cas soulevé l’importance du besoin de partage et de se faire plaisir au moment des repas. C’est également en variant les lieux et les types de consommation et en modérant ses apports que l’on arrive à un équilibre optimal. La communication des marques et enseignes doit être entreprise dans ce sens car les produits des industries et de la restauration sont au coeur des repas des consommateurs.

Et quel avenir pour 2010-2020 ?

Les mots choisis par les intervenants pour anticiper les 10 prochaines années se positionnent encore plus autour du plaisir et de l’aspect durable. Claire Meunier choisit « innovation durable », Gwénaële Joubrel opte pour la « diversité » qui, selon elle, est source de plaisir, d’équilibre et d’alimentation durable. Barbara Bidan choisit une « nutrition épicurienne et durable », et enfin Hubert Vilmer renforce ses propos en espérant que « goût et plaisir » seront de mise pour la prochaine décennie. Ce sont ces principes que les invités tenteront d’appliquer dans le futur au sein de leur structure.

(Nutri-Débat « 2000-2010 : 10 ans de nutrition – De l’anonymat à l’excès ? » du 17 mai 2011 à Paris - Nutritionnellement)

SOURCE : Agence Nutritionnellement

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