1ère journée nationale d'alimentation à l'hôpital le 16 juin : « Alors, c'est bon ? »

lu 7741 fois

C'est une première : la 1ère journée de l'alimentation à l'hôpital ou en établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) aura lieu le 16 juin dans tous les établissements participant à l'opération. Objectif de cette journée : attirer l'attention sur l'importance de l'alimentation en structure de soins et à l'hôpital afin de sensibiliser les professionnels de santé sur le plaisir et l'équilibre des menus des personnes hospitalisées.

1ère journée nationale d’alimentation à l’hôpital le 16 juin : « Alors, c’est bon ? » Dès son entrée à l’hôpital ou en EHPAD, le patient/résident se trouve confronté à une privation de certaines libertés liées à l’organisation propre à chaque établissement :

  • respect des horaires, des soins, des traitements...
  • imposition de certains menus
  • application d’une alimentation spécifique en lien avec sa pathologie
  • réglementation en terme de sécurité alimentaire...

Ces contraintes influencent son regard sur l’alimentation servie.

Et pourtant, « bon », c’est le plus qui flatte l’appétence du convive pour qui la diminution de l’appétit ou le refus de manger entraînent rapidement malnutrition et complications multiples. Cela passe par l’apparence du plat, sa saveur, sa bonne température, son service... Moment fondamental dans la vie d’un hôpital ou d’un EHPAD, le repas rythme la journée et représente un soin essentiel. C’est pourquoi, des CLANs (Comité de Liaison Alimentation Nutrition) réunissent dans les établissements de santé l’ensemble des acteurs concernés par l’alimentation et engagent des réflexions autour d’axes d’amélioration.

Chaque année ce sont plus d’un milliard de repas qui sont servis dans les établissements de santé en France... Difficile donc de cerner la plénitude du mot « bon » dans l’ambiance de la restauration collective des établissements de soins. Le global prime sur l’individuel, le coût du repas impose souvent de considérer le nourrissant aux dépens de la « petite fantaisie » et l’organisation du repas demande l’intervention de nombreux professionnels (médecins, soignants, diététiciens, responsables de restauration, cuisiniers, directeurs d’établissements...).

Une action originale : un menu identique à tous les établissements hospitaliers

Afin de faire connaître largement cette démarche, les associations UDIHR (Union des Ingénieurs hospitaliers en Restauration), AFDN (Association française des Diététiciens nutritionnistes) et ACEHF (Association culinaire des Etablissements hospitaliers de France) avec l’appui de la SFNEP (Société Francophone Nutrition Clinique et Métabolisme), du CLAN (Comité de Liaison Alimentation Nutrition Départemental) de la Sarthe et de La Cuisine Collective, soutiennent cette mobilisation en proposant aux établissements de santé de servir un menu identique pour le déjeuner du mardi 16 juin 2009 !

Les professionnels, conscients de ce regard peu flatteur sur la qualité des mets servis, cherchent à montrer par cette journée qu’ils se mobilisent chaque jour pour apporter leur savoir-faire afin d’améliorer cette qualité. Les établissements de santé adhérant à une charte se lancent le défi, sur le plan national, de réaliser un jour donné un menu identique. Pour se faire, ils proposent un déjeuner adapté aux besoins et handicaps de la personne, déclinable en différentes textures et répondant aux caractéristiques :

  • équilibré
  • agréable
  • inspiré des habitudes alimentaires
  • cohérent par rapport à la saison (printemps)
  • respectant les pratiques culinaires en restauration collective
  • mettant en valeur le travail du personnel de cuisine et de service, la présentation du repas et des plats, la qualité gustative des mets proposés et la diversité des textures (entière, hachée, mixée...).

Symboliquement, un menu identique à tous les établissements hospitaliers français sera donc proposé le mardi 16 juin 2009 à des milliers de patients ainsi qu’à l’ensemble des personnels.

Au menu : duo du jardinier - effilochée de canard et son râpé de pomme de terre - méli-mélo de salade - faisselle et fraises.

L’alimentation est un élément majeur de la santé !

Hippocrate le disait déjà : « La nourriture est un remède... que votre remède soit donc votre nourriture ». Depuis 1997 (rapport Guy Grand), les pouvoirs publics prennent conscience, suite à l’avis d’experts, de l’impact de l’alimentation sur l’état de santé de la population en France. En effet, il est parfaitement établi que la malnutrition (par excès ou par carence alimentaire) participe de façon essentielle au développement des maladies qui sont actuellement les plus répandues sur notre territoire comme dans l’ensemble des pays industrialisés : maladies cardiovasculaires, cancers, obésité, diabète, ostéoporose... A contrario, une alimentation équilibrée par la consommation régulière d’aliments variés et de plats largement disponibles dans notre pays, permet de préserver un bon état de santé et de qualité de vie.

Une politique nutritionnelle de santé publique en France

A partir de 2001, la France s’est dotée d’un Programme national Nutrition Santé (P.N.N.S.) destiné à sensibiliser et à transmettre au plus grand nombre les repères d’une alimentation saine et variée. Ces repères ont été promus par le biais de guides « La santé vient en mangeant » et de campagnes de communication de grande ampleur telle que « Pour votre santé manger au moins 5 fruits et légumes par jour ». Ce programme s’intéresse à l’ensemble de la population (femmes enceintes, enfants, adolescents, adultes et personnes âgées) et également à des populations plus spécifiques telles que les personnes hospitalisées, notamment les sujets âgés.

Une population à risque, les personnes hospîtalisées

Alors que l’obésité est préoccupante et en constante augmentation, 25 à 45 % des personnes hospitalisées sont dénutries. Cette dénutrition touche les patients de tous âges et plus particulièrement les sujets âgés. Elle résulte d’un déséquilibre entre des apports alimentaires insuffisants et les besoins de l’organisme souvent augmentés par la maladie. L’organisme puise alors dans ses réserves provoquant ainsi une perte de poids involontaire et un affaiblissement propice à l’installation d’autres affections.

Les établissement de santé réagissent et s’organisent

Depuis 2001, une circulaire incite chaque établissement de santé à mettre en place son Comité de Liaison Alimentation Nutrition (CLAN) constitué de tous les professionnels concernés par ce sujet (médecins, directeurs administratifs et directeurs de soins, pharmaciens, infirmières, diététiciens, responsables restauration, représentant des usagers...). Ces CLANs ont pour mission de participer à améliorer la restauration et la qualité des soins en lien avec l’alimentation. Ils visent à ce que les repas soient adaptés aux besoins, aux goûts et aux capacités des patients.

SOURCE : CHU de Caen

Cela pourrait vous intéresser

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s