« Tous dopés » ?

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Le quotidien La Croix se penche dans son édition du jour sur « l'envolée des pilules de la performance », c'est-à-dire sur le fait que les Français consomment de plus en plus de médicaments pour améliorer leurs performances, prévenir des maladies ou accéder au bien-être.

Entre 1994 et 2004, le nombre de boîtes d’antidépresseurs vendues a augmenté en France de 270 % (de 15 à 41 millions). Cette explosion de la pharmacopée concerne également les pilules dites de « l’obéissance », les médicaments inducteurs de l’érection, les compléments alimentaires et les produits parapharmaceutiques. Selon le quotidien, toutes les franges de la population sont touchées.

Ainsi, une personne sur cinq a recours à un produit dopant pour être en forme au travail, tandis qu’une sur six prend un produit pour se détendre après le travail. Derrière ces données inquiétantes, se cacherait « une société marquée par l’obsession de la réussite et le culte de la performance qui exige de chacun prise de risque et maîtrise de soi », envisage Alain Ehrenberg, sociologue au CNRS et spécialiste des psychotropes.

Cette tendance à la prescription systématique est d’ailleurs encouragée par l’industrie pharmaceutique et les journaux médicaux, en faisant pression sur le médecin. Sans que celui-ci soit nécessairement responsable : « Aujourd’hui, bon nombre de personnes, dûment informées par Internet, viennent consulter, donnent leur diagnostic au médecin et demandent la prescription de tel ou tel médicament », souligne Édouard Zarifian.

Consciente de ces pressions, l’Afssaps prépare une grande campagne médiatique afin d’inciter les médecins à moins prescrire d’antidépresseurs, tandis qu’à la mi-juin un rapport sur l’usage des médicaments psychotropes sera remis à l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (Opeps).

(La Croix, 06/06)

SOURCE : Synthèse de Presse de l'INSERM

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