« Paradoxe français » : la diète cardio-protectrice

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Les études d'intervention nutritionnelle sont venues alimenter le débat concernant le « paradoxe français » en apportant des résultats tangibles pour les acteurs de la prévention cardiovasculaire. Deux études majeures ont été publiées ces dernières années, la Lyon Diet Heart Study et l’Indo- Mediterranean Diet Heart Study.

Dans la Lyon Diet Heart Study, les auteurs ont randomisé 605 patients coronariens pour suivre soit une diète classique recommandée dans les suites d’un infarctus du myocarde, soit une diète riche en fruits et légumes, en noix et enrichie en acide alpha-linolénique. À la deuxième et à la quatrième année de suivi, le pronostic cardiovasculaire s’est amélioré de manière significative alors que les facteurs de risque classiques avaient évolué de manière comparable dans les 2 groupes.

Dans l’Indo-Mediterranean Diet Heart Study, les auteurs ont randomisé 1000 patients à haut risque cardiovasculaire pour suivre soit une diète habituelle, soit une diète enrichie en céréales, fruits, légumes, noix et amandes, c’est-à-dire un régime particulièrement riche en acide alpha-linolénique.

Après 2 ans de suivi, les sujets du groupe intervention ont vu leur pronostic cardiovasculaire significativement amélioré. À l’issue de ces études, il paraissait clair que le « paradoxe français » ne pouvait pas être expliqué par l’apport d’un seul nutriment ou d’un seul groupe d’aliments mais plutôt par un profil alimentaire globalement favorable.

Pouvait-il en être autrement ? L’observation épidémiologique la plus frappante de ces dernières années correspond à la constatation qu’un même facteur de risque coronarien peut avoir une influence différente sur le pronostic selon le pays considéré. En d’autres termes, pour chaque facteur de risque, le risque relatif est similaire d’un pays à l’autre mais le risque absolu est inférieur dans les pays européens du Sud.

D’autres travaux menés en Europe ont montré que la prévalence des facteurs de risque principaux est élevée dans certains pays européens du Sud et que d’autres facteurs doivent intervenir pour expliquer la protection relative des sujets de ces pays vis-à-vis de la maladie coronaire.

La France n’est donc pas le seul pays protégé vis-à-vis de la maladie coronaire en Europe et il est probablement abusif d’utiliser le terme de « paradoxe français » lorsque l’on veut reconnaître notre relative impuissance à prédire la maladie coronaire dans les pays européens du Sud.

La première attitude consiste à émettre l’hypothèse que les facteurs de risque classiques sont moins prévalents dans les pays européens du Sud. C’est probablement le cas pour les taux plasmatiques de fibrinogène ou d’homocystéine. Cependant, ce sont les facteurs protecteurs qui sont les plus prévalents en Europe du Sud.

C’est par exemple le cas de l’exercice physique régulier qui semble être plus fréquent dans le sud par rapport au nord de l’Europe. C’est probablement autour des modes de vie que se situent les facteurs les plus influents dans la protection relative des européens du Sud.

Des travaux récents ont montré le rôle majeur de la diète de type méditerranéen pour diminuer l’incidence de la coronaropathie. Quelques années plus tard, on comprend mieux le débat qui a eu lieu autour du vin et du « paradoxe français ». Le vin rouge est en effet caractéristique des pays européens du Sud, mais cette caractéristique va bien audelà de la consommation de vin.

Il a été montré que les consommateurs réguliers de vin rouge sont aussi ceux qui ont l’alimentation la plus appropriée; cette diététique typique du sud de la France ou du sud de l’Europe se caractérise par une consommation accrue de poisson, de fruits et légumes, de pain et de lait.

Bien évidemment, ces sujets consommateurs réguliers de vin sont aussi ceux qui prennent des repas réguliers et qui ont un régime diversifié.

Des auteurs américains ont montré que les rapports vis-à-vis de l’alimentation sont très différents selon les pays et très contrastés entre la France et les États-Unis.

L’alimentation des Français est surtout caractérisée par le plaisir et l’ambiance des repas alors que les Américains sont surtout concentrés sur l’aspect « santé » des aliments.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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