« Etre diététicien aujourd'hui »

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Depuis longtemps, les hommes ont fait un lien entre santé et alimentation, mais ce n'est que récemment que l'application pratique de cette idée est passée aux mains d'une profession paramédicale. Désormais, le diététicien a un rôle primordial dans la prise en charge des troubles nutritionnels. Entretien avec Florence Rossi, Présidente de l'ADLF - Association des Diététiciens de Langue Française.

Quelles sont les objectifs et les missions de l'ADLF ?

l'Association des Diététiciens de langue Française a été créée en 1954 par les premiers diététiciens diplômés (surtout des femmes à l'époque). Elle compte à ce jour près de 2 500 adhérents (dont 3 % d'hommes). C'est la première association nationale et la seule à réunir toutes les orientations professionnelles des diététiciens : établissements de santé, exercice libéral, collectivités territoriales, industrie agroalimentaire...

Ses objectifs sont de fédérer tous les diététiciens, d'affirmer leur position en tant qu'acteurs de santé et de les représenter dans les diverses instances nationales et internationales. Ainsi, depuis plusieurs années, l'ADLF oeuvre pour que le statut de diététicien soit réellement reconnu et que le cursus des études soit modifié. Ses efforts ont été récompensés récemment par un changement au niveau législatif.

Quel est le statut d'un diététicien aujourd'hui ?

La profession de diététicien s'est exercée jusqu'à présent dans un important vide juridique. Si la loi reconnaissait le titre de diététicien, les textes restaient relativement muets quant à sa pratique (hormis pour l'exercice en milieu hospitalier). L'ADLF réclamait donc depuis plusieurs années une définition de la profession déterminant le diététicien comme professionnel de santé à part entière, un cadre pour son exercice et ses domaines d'activité, et une inscription des diplômés au fichier des professionnels de santé.

Un grand pas a été franchi, le 30 janvier 2007, avec la publication de la loi n°2007-127 ratifiant l'ordonnance du 26 août 2005 sur les professions de santé. Ce texte contient un article essentiel pour la profession puisqu'il définit l'exercice du métier, avec la mise en place de sanctions en cas d'exercice illégal, crée le diplôme d'Etat de diététicien et intègre les diététiciens salariés et indépendants parmi l'ensemble des professionnels répertoriés dans le champ de la santé, par l'obligation d'enregistrement de leurs diplômes. Nous attendons maintenant la publication et la mise en place de l'ensemble des décrets d'application.

Comment devient-on diététicien aujourd'hui ? Et demain ?

Actuellement, la durée des études est encore de deux années, sanctionnées par le brevet de technicien supérieur (BTS) en diététique ou le diplôme universitaire de technologie (DUT) de génie biologique, option diététique. L'enseignement est dispensé dans des lycées techniques d'état, des établissements préparant au BTS en diététique ou dans des Instituts Universitaires de Technologie (IUT). Les bacheliers sont admis après examen des dossiers scolaires et/ou entretien de motivation. Aujourd'hui ces cursus nécessitent souvent d'être complétés, selon les exigences professionnelles, par la formation continue. Parfois même les professionnels poursuivent vers des diplômes universitaires au sein des Facultés de médecine ou de biologie.

A l'issue de sa formation, le diététicien doit avoir acquis des connaissances qui vont de la physiologie-pathologie à la technologie culinaire, en passant par la psychologie, la sociologie, l'épidémiologie, l'éducation thérapeutique… et l'éducation en santé publique. En effet, de l'établissement de santé à l'industrie, en passant par la restauration collective, être diététicien, c'est un seul métier, mais plusieurs domaines de compétence dans le champ de la nutrition.

C'est d'ailleurs pour cette raison que l'ADLF prônait depuis longtemps une réforme des études initiales avec la création d'un diplôme d'état de diététicien unique : une seule formation pour un seul métier avec un seul diplôme. Voilà qui est fait avec l'adoption de la nouvelle loi. Le contenu et les formations d'un niveau licence (pouvant même aller jusqu'au niveau doctorat en passant par le mastère) seront définis par un arrêté conjoint des ministères chargés de la santé et de l'enseignement supérieur. Il n'y a plus qu'à espérer maintenant que ces textes réglementaires sortent au plus vite, pour que la formation des diététiciens puisse répondre dès que possible, tout en étant intégrée dans la filière universitaire, aux compétences attendues et aux évolutions dans le domaine de la santé.

Pour en savoir plus : ADLF - 35 allée Vivaldi – 75012 PARIS - Tél : 01.40.02.03.02

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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