Densité nutritionnelle et coût des aliments : l'atout lait
FRANCE, 01 juillet 2010 (Toute la diététique !)
Les recommandations nutritionnelles ont pour objectif d’améliorer l’alimentation et la santé des consommateurs. La plupart de ces recommandations sont basées sur les données issues de la recherche qui associent certains aliments, nutriments ou modèles alimentaires à une diminution du risque de maladie dans la population. Avec pour toile de fond la crise économique et la hausse des prix, un autre argument prévaut aujourd’hui ... le prix.
Selon le Pr Adam Drewnowski, Professeur de l’Ecole de Santé publique de l’Université de Washington, Directeur du programme des sciences de la nutrition, pour être réalistes et applicables, les recommandations doivent prendre en compte l’ensemble des facteurs qui régissent nos choix et achats alimentaires : le goût, la symbolique et la praticité, la culture alimentaire, le savoir-faire culinaire, la santé mais aussi.... le prix. Clarifier les relations entre qualité et prix des aliments permet de proposer des pistes pour échapper à la récession nutritionnelle.
La qualité nutritionnelle aurait-elle un prix ?
La qualité nutritionnelle d’un aliment dépend de son contenu en micro-nutriments (vitamines, minéraux et oligo-éléments) et de la quantité d’énergie qu’il apporte. C’est ce que certains chercheurs qualifient de « densité nutritionnelle ». Certains aliments apportent plus de calories que de nutriments intéressants ; à l’inverse, les aliments les plus intéressants apportent plus de nutriments que de calories.
Globalement la densité énergétique de l’alimentation (quantité d’énergie pour 100 g) est inversement proportionnelle à son coût : une alimentation déséquilibrée coûte moins cher qu’une alimentation plus favorable à la santé. C’est ce que démontrent les études faites par le Pr A.Drewnowski et le Dr Nicole Darmon (INSERM/INRA Marseille) à partir de 2 enquêtes françaises : les études du Val de Marne (1988) et INCA1 (1999).
Une analyse plus approfondie montre, qu’à apport calorique égal, plus la consommation de vitamines, minéraux et micro-nutriments est élevée, plus le coût de la ration journalière augmente. En d’autres termes une bonne alimentation est chère. Ainsi les régimes riches en fruits et légumes, sources importantes de ß-carotène et de vitamine C coûtent plus cher.
En revanche, une augmentation de la consommation de féculents et légumes secs, riches en fibres et en micro-nutriments, ainsi que de produits laitiers, riches en calcium, oligo-éléments et vitamines n’induit pas d’augmentation marquée du coût de l’alimentation. Ce qui signifie qu’à coût équivalent, il est possible d’améliorer la qualité nutritionnelle de l’alimentation : en favorisant la variété et en privilégiant spécifiquement certains aliments, comme les légumes secs et les produits laitiers, en particulier le lait.
Pour guider le consommateur vers un choix nutritionnel pertinent
Pour être aidé dans ses choix le consommateur français est demandeur d’informations nutritionnelles : il aimerait notamment savoir ce qui est bon pour la santé ; le sportif amateur ou de loisirs sans doute plus encore. En revanche, il ne veut ni injonction péremptoire, ni interdiction, ni concept compliqué. Ainsi rejette t-il la notion de densité nutritionnelle1 (qui concerne sans doute plus les professionnels de la nutrition) pour préférer celui de richesse nutritionnelle, plus positif et plus appétent, et sans doute plus conforme à sa vision de l’alimentation. En effet, les Français accordent une importance particulière au goût, à la convivialité et au plaisir, à la différence des Anglo-Saxons pour qui s’alimenter est avant tout se nourrir et apporter à son organisme des nutriments.
Bien que n’ayant pas de définition scientifique, la richesse nutritionnelle « parle » au consommateur. Elle lui suggère la présence de nutriments, en particulier de micro-nutriments (vitamines, minéraux et oligo-éléments) en quantité significative dans un aliment donné. Ainsi le consommateur et le scientifique se rejoignent, sans oublier l’économiste. Parmi les aliments répondant à ces critères, le lait est un aliment d’une grande richesse nutritionnelle et peu coûteux.
Le lait, des centaines de nutriments présents à l’état naturel
Le lait est un aliment complexe qui contient une grande concentration de nutriments :
- des minéraux : calcium, phosphore, magnésium, potassium,
- des oligo-éléments : zinc, sélénium, iode, manganèse, cuivre, fluor, chrome,
- des vitamines du groupe B ainsi que A et D (pour les produits non écrémés),
- des protéines et des glucides,
- et peu de lipides contrairement aux idées reçues : 1,6% dans le lait demi-écrémé, le plus consommé.
Chez les enfants, les produits laitiers sont :
- les premiers contributeurs de calcium, phosphore, potassium, zinc, iode, sélénium, vitamine B2, rétinol
- les deuxièmes contributeurs de magnésium, vitamines B12 et A.
Chez les adultes, les produits laitiers sont :
- les premiers contributeurs de calcium, phosphore, zinc, iode, sélénium, vitamine B2
- les deuxièmes contributeurs de vitamine B12 et rétinol.
Des nutriments aux multiples fonctions
Ces nutriments - minéraux, oligo-éléments et vitamines - interviennent dans presque toutes les fonctions vitales de l’organisme : métabolisme cellulaire, perméabilité des membranes, os, muscles, coagulation et circulation du sang, transmission nerveuse, transport de l’oxygène, vision, constitution des hormones thyroïdiennes, gestion de l’énergie et du poids et sans apporter de calories ! Le lait, c’est aussi des composés dits mineurs car présents en faible quantité mais dont certains ont des effets biologiques majeurs : rôle anti-infectieux, action sur le sommeil ou la pression artérielle, transport du fer, structures des membranes cellulaires et régulation des activités cellulaires...
Un avantage compétitif pour la santé
Tous ces éléments sont indispensables à la vie et au fonctionnement du corps humain, mais comme celui-ci ne peut les fabriquer, c’est l’alimentation qui doit les apporter. Parmi tous les aliments, le lait contient une multitude de nutriments qui agissent en interactions les uns avec les autres. C’est ce qui lui donne son caractère d’aliment unique, complexe et vital, capable d’assurer une grande partie des besoins nutritionnels. Il occupe une place importante dans l’alimentation du sportif et sa récupération après l’effort.
(Dossier Juin 2010 "Le lait, un aliment de qualité... compétitif pour le sportif" - CERIN)
Source : © CERIN
Validé par Alexandre Glouchkoff, diététicien nutritionniste. Lien d'intérêt : Aucun
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